Nabil Benabdellah: Nous voulons une victoire historique dans les prochaines élections

Nabil Benabdellah: Nous voulons  une victoire  historique dans les prochaines élections

ALM : C’est la dernière  ligne droite avant les élections. Comment vous préparez-vous au scrutin ?
 

Nabil Benabdellah : Les préparatifs vont tambour battant ; parfois on ne sait pas où donner de la tête tellement le timing actuel représente une étape extrêmement importante. Le parti est par contre beaucoup plus concentré aujourd’hui sur les élections locales et régionales. Ce qui fait qu’à l’intérieur, le parti s’apparente à une véritable ruche, en particulier au niveau du siège! Nous nous sommes donné comme objectif de doubler le nombre de nos candidats et de pratiquement tripler le nombre de nos élus, en triplant également le nombre de communes que nous voulons diriger. Ceci outre le fait que nous nous sommes fixé une cible : celle d’obtenir la présidence d’une région et de former un groupe à la Chambre des conseillers.

Comment vous organisez-vous ?

Nous essayons d’avoir une organisation optimale avec quatre départements : un département «élections», un autre réservé à la communication, un troisième qui travaille sur la finance et un dernier qui concerne la logistique.

Une nouvelle Constitution et de nouvelles lois… Pensez-vous que les prochaines élections seront une véritable rupture avec le passé ?

Non, je ne pense pas qu’il y aura une réelle rupture avec le passé. Jusqu’en 1997-1998, les élections dans notre pays étaient trafiquées. Je le dis et je l’assume ! C’est à partir de 2002 que nous avons commencé à avoir un ministère de l’intérieur qui assure la neutralité. Mais cela n’a pas empêché les pratiques illégales de certains agents d’autorité. Je vous rappelle que c’est souvent le même personnel politique qui se représente aux élections. Tant que ce personnel politique n’aura pas évolué et tant qu’il n’y aura pas de nouvelles élites qui prendront sa place, un certain nombre de pratiques malsaines perdurera avec l’utilisation de l’argent chez certains partis.

Vous parlez de quel parti qui utilise de l’argent dans les élections ?

J’ai dit certains partis, je ne parle pas d’un seul ! Certains partis, qui occupent des positions avancées au niveau des résultats notamment auprès des Chambres professionnelles, ont beaucoup de candidats qui n’hésitent pas à utiliser l’argent.

Et au niveau des plaintes enregistrées ?

En 2015 le ministère de l’intérieur est dans une attitude quasi irréprochable. Je pense que cela va continuer et les échos que j’ai à ce jour sont positifs.Auparavant, nous passions le plus clair de notre temps à recevoir des plaintes de nos différents élus et candidats qui protestaient en disant un tel agent a fait, un tel gouverneur a fait, le «caïd» a fait. Aujourd’hui nous n’avons enregistré aucune plainte.

Quels sont vos pronostics concernant les résultats de votre formation, à la lumière des résultats des élections des Chambres professionnelles ?

Nous n’avons pas accordé une grande importance aux élections des Chambres professionnelles, et malgré cela nous avons doublé notre score. Maintenant nous nous concentrons sur les élections locales et régionales et nous pensons que nous allons réaliser un score historique pour le PPS.

Vous avez mis en garde contre le risque d’utilisation d’argent dans les élections. Vos craintes sont-elles justifiées ?

Oui, elles le sont ! Certains candidats n’hésitent toujours pas à recourir à des pratiques malsaines d’achat de voix. J’espère qu’en 2015, ces pratiques s’afficheront en régression et que nous irons de plus en plus vers des votes politiques liés à des programmes ou basés sur des personnalités politiques qui ont des assises et qui n’ont pas besoin d’utiliser l’argent. C’est ce que nous souhaitons le plus lors de ces élections.

Les candidats victorieux des élections de septembre n’auront-ils pas réalisé de fait un grand pas vers les Législatives 2016 ?

Bien évidemment ! Les scores réalisés lors des élections locales et régionales sont décisifs. Les communes qui seront remportées par un certain nombre de partis joueront un rôle majeur dans le soutien des candidats aux Législatives en 2016. Donc il est important aujourd’hui pour chaque parti de bien se positionner pour que les différents présidents au niveau local puis régional servent de rampe de lancement pour les candidats ou législatifs. Parce que c’est sur cette base qu’un candidat ou législatif viendra se positionner pour pouvoir obtenir le siège. Si quelqu’un se présente demain aux Législatives et que son parti n’a strictement aucun élu dans la région dans laquelle il se présente, ses chances seront alors très minces. Par contre s’il se présente, alors qu’il a cinq présidents de communes, un président de conseil provincial, des élus un peu partout dans un certain nombre d’autres communes, il est parti déjà gagnant.

Quelle région aimeriez-vous diriger et quelles sont vos chances de réussite ?

Nous avons la prétention de diriger au moins une région. Nous ne le déclarerons que lorsque les résultats le confirmeront, mais sachez déjà que c’est au Sud. J’attends que les élections confirment nos pronostics, c’est-à-dire que nous puissions être la première force politique dans cette région. Je pense que nous le serons et nous agissons pour cela. Ce sera la première fois que le PPS obtient la direction et la présidence d’une région.

Combien de candidats PPS comptez-vous présenter aux futures élections ?

Nous espérons avoir plus de dix mille candidats pour couvrir 80% des communes. On pourrait nous reprocher le fait que les candidats ne soient peu nombreux à l’heure où le nombre de sièges à pourvoir dépasse les trente mille. Mais dans un scrutin uninominal autour de 11 sièges, le nombre de candidats que nous allons présenter sera suffisant.

Quelles sont les projections du parti pour faire tomber l’une des 12 grandes mairies ?

Pour être honnête avec vous, il sera difficile que le PPS aille dans toutes les 12 grandes villes, en même temps. Nous serons présents dans les configurations d’alliances dans des villes telles que Casablanca ; Kénitra, Oujda, Meknès, Tétouan, Agadir et Fès. Maintenant nous avons plus de chance d’obtenir des présidences dans des villes comme Tétouan, Tiznit, Belkssiri, Inzegan, Ouarzazate, Zagora, Er-Rachidia, Guerssif ou Berkane. Nous estimons avoir plus de chance dans les villes plus moyennes. N’empêche que dans les 12 grandes mairies, nous ne viserons pas uniquement la présidence, mais également la vice-présidence dans l’une des grandes mairies.
 

Est-ce que vous craignez pour le taux de participation, sachant que des SG comme Hamid Chabat parlent du risque que la date du scrutin influe sur la participation des électeurs ?

Je souhaiterais que vous me donniez d’autres références en termes politiques. Car le monde politique au Maroc aurait besoin d’un niveau nettement plus élevé! Je pense que la date qui a été retenue n’est pas la meilleure et ce pour un certain nombre de facteurs : les vacances ; la rentrée scolaire,  etc. Maintenant cette décision a été prise et quand il faut y aller il faut y aller ! Il existe également des problèmes liés au fait que le niveau d’abstention soit aussi important (estimé à 50%).
De plus, il y avait des personnes qui ne s’inscrivaient pas sur les listes. Honnêtement, c’est un problème politique qui nécessite de redoubler les efforts à l’égard de ces millions de personnes qui ne s’inscrivent pas. Maintenant pour ceux qui sont inscrits, il s’agit, d’agir pour que le taux de participations puisse atteindre au moins 60%. Ce sera très difficile mais ce qui est fait est fait aujourd’hui. Il faut que toutes les forces politiques donnent en chœur la meilleure image possible. C’est pour cela que nous avons besoin de développer des forces politiques probes, honnêtes et compétentes.

Comment voyez-vous les scores réalisés par les SAP dans les dernières élections ? Un scénario similaire est-il envisageable dans les Communales et régionales ?

De manière générale les élections professionnelles et syndicales sont marquées par une forte présence des SAP, et ce malgré un tout petit recul. Les SAP continueront à influer sur les élections locales directes et régionales.

On lit un peu partout sur les réseaux sociaux «c’est tous les mêmes», «ce sont tous des vendus», «ce sont tous des corrompus» ou encore «tous les élus ne font rien». Eh bien c’est faux ! Il y a des gens qui se battent au quotidien. Ces militants le font par conviction. Ils n’ont pas d’intérêts particuliers mis à part leur engagement politique.

Gouvernement et alliance…

 

Un petit bilan sur l’actuel gouvernement ?

Très honnêtement le bilan de ce gouvernement est positif et je pense que de toute manière, si vous allez chez les différentes couches de la société ce gouvernement est positivement perçu. C’est parce qu’ il y a une certaine image qui se dégage de ce gouvernement qui a osé traiter un certain nombre de dossiers qui n’ont pas été traités auparavant. C’est aussi un gouvernement qui a pu réaliser un certain nombre de choses importantes dans un certain nombre de secteurs : la santé par exemple, la gestion  de l’eau, l’habitat, la culture ou encore l’emploi. Aujourd’hui, les derniers chiffres, par exemple, montrent une baisse conséquente du niveau de chômage. Le gouvernement donne une image très forte de sérieux. Image qui se situe dans le sens de «Lema3kol». Ceci explique d’ailleurs notre relation avec le PJD. Nous travaillons sur la base du sérieux pour l’intérêt du pays.

Vous ne pensez pas changer d’alliés ?

Je ne gouvernerai jamais avec n’importe qui et à n’importe quel prix ! Et s’il y a la possibilité de maintenir ce gouvernement, je serai ravi de continuer avec le PJD et avec les autres partis de l’alliance. D’ici là on verra !

 

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