«Nos chances sont identiques à celles de nos concurrents»

ALM : Vous êtes deuxième sur la liste nationale. Comment l’alliance a-t-elle procédé pour choisir les membres de cette liste ?
Touriya Lahrech : Le débat sur le choix de la liste a été long mais fraternel. Les partis de l’alliance ont mis en avant tout ce qui est stratégique, à savoir l’avenir de l’union entre le Congrès national ittihadi, le Parti de l’avant garde socialiste et le Parti socialiste unifié. Mon parti, le Congrès national ittihadi, était d’avis à ce que le classement soit opéré sur la base de critères objectifs.
Pour franchir les nombreux obstacles apparus, on a procédé finalement par tirage au sort. Je tiens d’ailleurs à présenter toutes mes félicitations à mes grandes amies Mounib Nabila et Taoufik Fattouma. Il ne faut pas oublier que nous sommes trente femmes sur cette liste et que nous avons toutes le devoir de travailler ensemble et de veiller à faire une propagande saine afin de toucher le maximum de personnes.

Avec le seuil de 6% de voix, quelles sont vos chances réelles pour la liste nationale ?
Je dois tout d’abord préciser que nous avons été contre l’établissement d’un seuil, afin d’élargir le plus possible la participation du plus grand nombre des courants politiques existants à la vie politique nationale. Mais les partis majoritaires ont décidé autrement. Nous relevons tout de même le défi au cours de ces élections. J’estime d’ailleurs que nos chances sont tout à fait réelles. Elles sont même identiques à celles de nos concurrents. Le passé militant et la défense permanente des droits des travailleurs et du peuple défavorisé des trois partis qui forment l’Union ne sont plus à démontrer. Ils ont une assise réelle au sein de toute la société marocaine, toutes couches sociales confondues. Les militants et sympathisants de l’Union feront tout  pour capitaliser leur passé militant et pour convaincre les électeurs de la pertinence du programme commun qu’ils ont élaboré. Et de toutes les manières, quand on se présente à des élections, c’est pour les gagner. Personnellement, je suis très motivée et je considère qu’il faut saisir cette occasion afin de dialoguer avec la société marocaine.

Que pensez-vous de la présence féminine au Parlement ?
Je pense que c’est une bonne chose en soi, mais il y a aussi le revers de la médaille. La présence des femmes au Parlement marocain reste ainsi en deçà de ce que nous espérions. Mon impression est que la liste nationale permet aux partis politiques d’occulter à peu de frais la question de la légitimité de leur représentativité au Parlement. En effet, rares sont les femmes qui ont été désignées à la tête des circonscriptions électorales sur le plan local. Et je pense que c’est sur ce point en particulier que les débats futurs devront se focaliser. Les futures femmes parlementaires auront du pain sur la planche concernant ce sujet. J’estime qu’un quota devrait être attribué aux femmes là où elles ont le plus de chance de gagner. Les femmes doivent par ailleurs, de leur côté, consolider leur présence en s’ouvrant sur toutes les couches sociales pour qu’elles puissent avoir une assise capable de faire pression. J’insiste aussi sur le fait que les femmes qui sont au Parlement ne sont pas uniquement concernées par les dossiers en relation avec la femme. Elles représentent en premier lieu leurs partis et leurs options politiques en matière d’éducation, de santé et de travail.

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