octobre 23, 2017

PAM : Avertissements et sanctions à l’encontre des élus

PAM : Avertissements et sanctions à l’encontre des élus

Le secrétaire général affirme avoir démissionné de son poste en raison de la conduite de certains parlementaires

Certains élus n’ont pas respecté le programme électoral du parti alors que des parlementaires enfreignent le code d’éthique et de conduite du PAM.

Ilyas Omari démissionne du secrétariat général du Parti authenticité et modernité. L’information a fait l’effet d’une bombe dans le microcosme politique dans la nuit du lundi à mardi derniers. Quatrième secrétaire général du parti depuis sa création en 2008, Omari a été élu numéro un du PAM en janvier 2016. Un peu plus d’une année après, Omari décide de quitter subitement son poste. Dans une conférence de presse très suivie mardi au siège central du PAM à Rabat, Ilyas Omari affirme que sa décision est définitive. Pourtant, les membres du bureau politique informés de la décision de leur leader la veille refusent cette démission. Un conseil national a d’ailleurs été convoqué pour trancher la question.

En attendant, Omari s’est confié devant les journalistes et les caméras sur les motifs de cette démission. Il a dans ce sens fait savoir que le bilan du PAM neuf ans après sa création l’a conduit à prendre cette décision. «Après analyse des documents liés au bilan, il s’est avéré que certains présidents des collectivités territoriales ont notifié au parti qu’ils n’étaient plus en mesure de poursuivre leur mission et honorer leurs engagements.

De même, certains élus n’ont pas respecté le programme électoral du parti alors que des parlementaires enfreignent le code d’éthique et de conduite du PAM. Les personnes concernées par ces agissements ne sont pas seuls responsables. J’assume en tant que secrétaire général du parti une part de la responsabilité politique dans cette situation. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de démissionner», a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse. Qui sont alors ces élus que le secrétaire général a mentionnés? Omari n’a pas donné de noms.

Avertissements

Une chose est sûre en tout cas. Le parti va adresser des avertissements à ses parlementaires qui ne respectent pas le code de conduite du PAM. En effet, un communiqué du bureau politique a annoncé que le parti adressera des avertissements aux parlementaires qui n’ont pas respecté le code de conduite et rendra publics les noms des parlementaires absents lors des séances parlementaires et des réunions des commissions permanentes, et ce dans le cadre du respect du principe de corrélation de la responsabilité à la reddition des comptes et du slogan prôné par le parti lors de la campagne électorale, «Le changement, maintenant».

Cette décision intervient dans le cadre des conclusions tirées par la direction du parti sur la base du bilan du parti depuis sa création il y a neuf ans, ainsi qu’un rapport sur les activités des deux groupes parlementaires et de l’Instance nationale des élus et d’autres rapports portant sur les aspects organisationnels et administratifs du parti. Ce n’est pas tout. Le PAM annoncera également les décisions prises à l’encontre d’autres présidents de collectivités territoriales n’ayant pas respecté les directives et les décisions du parti, relève le communiqué.
A noter que l’intérim sera assuré par Lahbib Belkouch, membre du bureau politique.

Quatre secrétaires généraux en 9 ans

Le Parti authenticité et modernité (PAM) a connu quatre secrétaires généraux en neuf ans d’existence. Théoriquement, le mandat d’un secrétaire général court quatre ans mais au vu de leur nombre depuis la création du parti, ces derniers ne dépassent pas les deux ans. Le premier secrétaire général du parti fut l’ancien syndicaliste Hassan Benadi. Le mandat de celui-ci fut particulier.

En plus d’être le premier à prendre les rênes d’un parti nouvellement créé, Benadi a dirigé le PAM durant une période transitoire qui a précédé le premier vrai congrès national de cette formation. Le deuxième secrétaire général dans la liste fut Mohamed Cheikh Biadillah, l’ancien ministre de la santé et président de la Chambre des conseillers. Il a par la suite cédé le flambeau à Mohamed Bakkoury, l’actuel président de la région de Casablanca-Settat. Le dernier SG est bien évidemment Ilyas Omari qui a conduit quelques mois après son élection en janvier 2016 le PAM à une deuxième place dans les dernières élections législatives avec 105 députés.

L’engagement de Omari contre les absentéistes

Il semble que le secrétaire général démissionnaire du PAM soit très en colère contre les parlementaires absentéistes.
Le bureau politique a annoncé que des sanctions seront prises à l’encontre des parlementaires absentéistes. Cette décision avait été précédée par un engagement d’Ilyas Omari, il y a deux semaines déjà. Car avant d’annoncer sa démission au cours de la soirée de lundi, Omari avait annoncé que la direction du PAM a questionné les parlementaires absents lors d’une séance parlementaire fin juillet. Après avoir reconnu que sur les 105 députés à la première Chambre, la moitié s’était absentée au cours de la même séance.
Omari s’était alors engagé à adresser des avertissements aux députés absents sans motif valable. Il faut dire que le phénomène de l’absentéisme au Parlement reste répandu. Il ne touche pas uniquement un seul parti.
D’ailleurs, la présidence de la première Chambre a décidé de publier les noms des députés absents sans motif.

 

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