Partis politiques : ADL, un parti de droite

Partis politiques : ADL, un parti de droite

L’Alliance des Libertés est un parti libéral. Cela relève presque du pléonasme. Ce petit parti créé par Ali Belhaj en 2002 dit s’engager, en effet, en faveur des libertés et des responsabilités individuelles. Comme il se présente, lui-même, le parti «affirme et défend certains principes et valeurs fondamentaux tels que : la séparation des pouvoirs, la garantie des libertés, le respect des droits de l’Homme». Il ne nie pas pour autant le rôle de l’Etat «dans certains domaines».
En lançant son parti, Ali Belhaj voulait faire la politique «autrement». Mais avant de fonder son propre parti, ce docteur en économie, lauréat d’une université américaine s’était déjà essayé à la chose publique. L’ancien député qui a été élu en 1992 sous les couleurs de l’UC, a vu sa deuxième tentative d’accéder à l’hémicycle se solder par un échec lors des élections de 1997, cette fois, sous la bannière du PPS. Il s’en est donc allé se consacrer à son association, Maroc 2020, créée deux années auparavant, en 1995.
Cinq années après cette mésaventure électorale, Ali Belhaj, lance une nouvelle formation, avec comme leitmotiv, une volonté avouée de «donner naissance à une structure démocratique, transparente et moderne, qui privilégie le travail d’écoute et de proximité». ADL voulait surtout miser sur une jeunesse désabusée et complètement détournée de la chose publique. Le parti courtisait les jeunes et ambitionnait d’insuffler «un nouveau souffle à l’action politique, pour faire en sorte que la jeunesse de ce pays s’engage pour un véritable projet de société».
L’Alliance des Libertés entendait répondre à cette volonté de changement, de rajeunissement et de renouveau du champ politique national, exprimée de plus en plus ouvertement par de larges couches de la société.
L’assemblée constitutive du parti a été donc tenue en mars 2002 et l’ADL visait déjà les élections de la même année, mais surtout celles communales de l’année suivante.
Pour ses fondateurs, il s’agissait de l’émergence d’un pôle libéral qui se voulait un «mouvement fédérateur et ouvert». Rompu aux méthodes de gestion à l’américaine, M. Belhaj a voulu tirer largement profit de l’absence d’ouverture des partis politiques marocains sur la société. Ce qui à son avis les a rendus «moins attractifs» pour les forces vives de la nation. Et cela, d’autant plus que la promotion à l’intérieur de ces partis est basée sur l’ancienneté et sur le mérite. C’est ainsi que les initiateurs de ce parti ont cru nécessaire de constituer au Maroc un «grand centre-droit dont l’ADL ambitionne d’être la locomotive». Un parti qui se veut «un peu contre le libéralisme intégral mais surtout contre la déliquescence de la gauche».
L’ADL voulait aller plus loin en tentant de fédérer les nouvelles forces libérales. L’expérience tentée en ce sens avec une autre petite formation, le parti des Forces citoyennes (FC), en est une illustration.
En avril 2007, l’ADL et les FC ont annoncé, en effet, leur fusion pour donner naissance à l’ «Alliance de la citoyenneté», et ce lors d’un congrès constitutif tenu à Casablanca. Un projet de statut de la nouvelle formation a été adopté et les congressistes ont approuvé la formation du comité central et mis en place un conseil de la présidence composé du secrétaire général des FC, Abderrahim Lahjouji, en tant que président du nouveau parti, et du chef de l’ADL, Ali Belhaj comme secrétaire général.
Les deux parties avaient, en outre, affirmé que cette fusion constituait «une étape historique» et augurait de la «première union entre les partis libéraux dans la vie politique après l’adoption du nouveau code électoral».
Cependant, l’idéal unioniste entre les deux petites formations de la droite libérale ne semble pas avoir tenu route. En effet, et en cette campagne électorale pour les échéances du 7 septembre, l’ADL a préféré faire cavalier seul alors que la formation de Abderrahim Lahjouji a scellé une alliance électorale avec les islamistes du PJD.
Les deux partis semblent avoir pris des chemins différents puisque l’ADL dit aujourd’hui militer pour un Maroc «pleinement épanoui, libre, prospère, démocratique, humain et rayonnant avec grand éclat sur la scène universelle». L’ADL veut, de ce fait, accompagner et impulser, «avec résolution, conviction et esprit d’innovation», tous les efforts de démocratisation, de mise à niveau et de modernisation que notre pays est en train de vivre.

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