Partis politiques : L’UC, du libéralisme au socio-libéralisme

«L’Union constitutionnelle est un parti politique de tendance socio-libérale ». C’est ainsi que se présente aujourd’hui l’UC. Dans la mémoire collective, l’Union appartient à cette catégorie de partis dits «de l’administration» et sa création coïncide avec le démarrage du programme d’ajustement structurel imposé par le Fonds monétaire international. Programme qui faut-il le préciser, s’est traduit par une série de mesures anti-sociales. L’UC occupait alors et cela depuis sa naissance des charges gouvernementales de différents degrés.Fondé en 1983 autour de deux personnes emblématiques, Maâti Bouabid, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre et Abdellatif Semlali dont le nom a marqué le ministère de la Jeunesse et des Sports qu’il a occupé pendant plus d’une décennie de 1981 à 1992. M. Bouabid, cet ancien membre de l’UNFP, juriste et ministre de la Justice sous le gouvernement de Abdallah Ibrahim et A. Semlali également juriste de formation et ancien militant et membre du secrétariat national de l’UNFP ont réuni un nombre important de personnalités autour d’un projet novateur, la création d’un grand parti de droite capable d’accompagner la politique d’ouverture économique du pays. M. Bouabid, alors Premier ministre et chef de cette formation nouvellement créée a veillé à tenir un discours «franc, ouvert et empreint de liberté, mais aussi de vérité et de sincérité». L’objectif était de séduire un grand nombre de jeunes et de personnalités capables de porter le projet du nouveau parti.
L’Union constitutionnelle a participé aux gouvernements successifs, depuis sa création. Mais, en 1998, avec l’avènement du gouvernement de l’alternance, elle a basculé dans l’opposition. Il se voit subitement confronté à un exercice politique qui lui était complètement étranger jusqu’alors.
Mais pendant la même période, le parti allait connaître un tournant décisif.L’UC n’arrivait plus, en effet, à retrouver son lustre depuis le décès de Maâti Bouabid deux ans avant le gouvernement de Abderrahmane Youssoufi. Et cela, d’autant que plusieurs de ses cadres les plus influents de Abdelaziz Messioui à Abdellah Azmani, en passant par Mohamed Ziane notamment l’ont quittée. Le 1er novembre 1996 disparaissait, en effet, Maâti Bouabid. Depuis, l’Union constitutionnelle devait vivre la phase la plus critique de son histoire. Le décès de cet homme qui incarnait presque le parti a été suivi d’une lutte pour le leadership. Pour éviter les divisions dans les rangs de l’Union à la veille de consultations électorales cruciales, une présidence tournante a été instituée en novembre 1996. La décision a permis à l’UC de ne pas perdre de voix aux communales, mais ne l’a pas prémunie de la malédiction des scissions.
Un terrain d’entente semble avoir été trouvé entre les cadres du parti et Abdellatif Semlali a été porté, en 1998, à sa tête en tant que secrétaire général, retardant ainsi les dissensions jusqu’à sa disparition en janvier 2001.
L’Union constitutionnelle est aujourd’hui dirigée, et ce depuis 2001 par Mohammed Abied, son secrétaire général et l’un des fondateurs du parti aux côtés de Maâti Bouabid et de son remplaçant Abdellatif Semlali.
Toutefois, l’union a perdu un nombre considérable de ses militants et par la même occasion une partie de son poids politique. Tel est le cas de Mohamed Ziane fondateur en mars 2002 du Parti marocain libéral (PML) avec un groupe de militants libéraux de droite. Pour M. Ziane et ses camarades «L’Union constitutionnelle ne respectait pas les idéaux libéraux inscrits dans son Manifeste».
La deuxième scission va être signée un plus tard par l’ancien ministre de la Culture, Abdellah Azmani qui a pris tout le monde au dépourvu en créant, en juillet 2006, son propre parti, baptisé l’Union marocaine pour la démocratie (UMD). Ayant rompu, depuis belle lurette, avec l’Union constitutionnelle (UC), «après l’essoufflement des possibilités de militer pour le libéralisme», A. Azmani avait annoncé la création d’une formation du centre regroupant d’anciens ministres, des hommes d’affaires, des universitaires et surtout des jeunes.
L’UC revendique actuellement 35 députés au Parlement et dirige la ville de Casablanca, capitale économique du Royaume, et la ville de Marrakech, la capitale touristique. Elle dirige aussi autour de 70 communes à travers tout le territoire. Aujourd’hui, il milite pour « une société fondée sur la démocratie, l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs, la régionalisation et la libéralisation économique».

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