Partis politiques : L’USFP optimiste après 9 ans de gouvernance

L’Union socialiste des forces populaires (USFP), un des principaux partis du Maroc, assure ne pas être usé par neuf ans de pouvoir et espère même améliorer son score lors des législatives du 7 septembre.
«Notre bilan est positif et nous espérons améliorer nettement notre score aux législatives de 2002» où l’USFP s’était classée en tête avec 50 députés, a déclaré à l’AFP Mohamed Elyazghi, son Premier secrétaire. «Si nous obtenons la confiance des électeurs, nous étudierons avec nos deux alliés, l’Istiqlal (nationaliste) et le Parti du progrès et du socialisme, (PPS, ex-communiste) le type d’alliance possible pour participer au gouvernement», a ajouté M. Elyazghi. Le système de scrutin marocain, à la proportionnelle au plus fort reste dans 95 circonscriptions, favorise l’éparpillement des partis qui doivent nécessairement s’allier pour former un gouvernement majoritaire.
Pour le politologue marocain Mohamed Tozi, «l’USFP risque de subir l’usure du pouvoir faute d’un renouvellement de ses cadres et de ses militants».
«En outre, il est concurrencé par les islamistes du Parti de la Justice et du développement (PJD) sur sa clientèle traditionnelle: la classe moyenne urbaine», ajoute-t-il. Deux enquêtes d’opinion non officielles réalisées en juillet et en août avaient placé le PJD loin devant les deux grands partis traditionnels l’USFP et l’Istiqlal, les deux principaux partis de l’actuelle coalition gouvernementale. Issu d’un parti de gauche fondé par le célèbre opposant Mehdi Ben Barka, disparu à Paris en 1965, l’USFP est né en 1975. Social-démocrate, il fut le principal parti d’opposition à Hassan II jusqu’à ce que ce dernier fasse appel à son chef Abderrahme Youssoufi en 1998 pour former le premier gouvernement d’alternance après des décennies de pouvoir autoritaire. «Nous avons accompli des réalisations profondes, réelles et structurelles dans divers domaines», a souligné M. Elyazghi, citant notamment le code de la famille, le code du travail, la privatisation, l’habitat, la sécurité sociale, l’emploi, l’électrification dans le monde rural, les investissements étrangers et le tourisme.
«Le taux de croissance moyen de l’économie depuis 2003 a été de 5% par an et le taux de chômage a chuté en 2007 à 9%», a-t-il ajouté.  Mais le patron du Parti libéral marocain (PLM), Mohamed Ziane, considéré comme l’un des farouches adversaires de l’USFP, affirme que le «décollage économique promis par ce parti n’a pas été réalisé».  Dénonçant la politique de privatisation menée par le gouvernement, M. Ziane estime que : «quand on vend pour manger on s’appauvrit, et le Maroc est très pauvre, car il a tout vendu».
Mohamed Darif, politologue marocain, critique l’USFP pour avoir présenté en 1998 un programme gouvernemental ambitieux sans prendre en compte les «contraintes financières et politiques» pour le réaliser.
 Selon lui, l’USFP une fois au gouvernement, a inversé ses priorités. «Dans l’opposition, il affirmait qu’aucune réforme socio-économique ne pouvait se faire sans une réforme politique (révision de la Constitution, statut du parlement). C’est l’inverse qu’il pratique depuis qu’il est au pouvoir».
Candidate de l’USFP à Rabat, Latifa Jbabdi, ancienne prisonnière politique sous le règne de Hassan II, estime que le pays devait marquer une pause dans les réformes politiques car il sortait déjà en 1996 d’une «révision de la Constitution qui avait élargi les prérogatives du Premier ministre».
«De toute façon, notre programme électoral prévoit bien ces réformes», a-t-elle conclu.

Mohamed Chakir
 (AFP)

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