PJD, Istiqlal, USFP : Ces partis qui vont bientôt changer de tête

PJD, Istiqlal, USFP : Ces partis qui vont bientôt changer de tête

Chabat, après avoir perdu les élections et son fief, la ville de Fès, et assisté impuissant à la débâcle électorale du parti aux dernières législatives, n’a pas trouvé mieux que de se lancer dans une croisade contre, entre autres, le ministère de l’intérieur.

Au moins trois chefs de partis politiques devraient passer le témoin au début de l’année. Abdel-Ilah Benkiran du PJD, Hamid Chabat de l’Istiqlal et Driss Lachgar de l’USFP voient, ainsi, leur mandat arriver à échéance dans quelques mois, sinon quelques semaines. En effet, le dernier congrès de l’USFP remonte à 2012 et Driss Lachgar a été élu pour un mandat de quatre ans en décembre de cette même année. Hamid Chabat, lui, a été désigné à la tête de l’Istiqlal en septembre 2012. Quant à Abdel-Ilah Benkiran, son mandat a été rallongé d’une année au cours du congrès extraordinaire du parti organisé en mai dernier.

Si à l’USFP, sortie divisée de son IXe congrès, personne n’a encore évoqué le prochain congrès qui devrait pourtant se tenir, comme l’impose la loi organique des partis politiques, au début de l’année, au plus tard avant le mois de  juin, dans les deux autres formations la situation est différente. Ainsi, le conseil national du PJD qui devrait se réunir mi-janvier devrait mettre en place un comité préparatoire de son prochain congrès. Un acte qui marque le débat effectif des préparatifs du congrès. Pour l’Istiqlal, la commission préparatoire du XVIIe congrès s’est réunie pour la première fois le 12 novembre.

A la fin du même mois, les sous-commissions de travail devraient déjà être formées. Selon une source istiqlalienne, «le congrès devrait avoir lieu en mars ou, au plus tard, en avril». Bien sûr l’élection d’un nouveau patron du parti, ou la reconduction de l’actuel, est sans doute le point culminant de ces grand-messes. Les autres instances, le bureau politique, le conseil national et le comité central, doivent également être renouvelées. Bref, ce que les trois chefs de partis ont de commun, sauf un tour de force, c’est  leur faible chance d’être reconduits au poste. Ainsi, avec les négociations en cours pour la formation du gouvernement le premier secrétaire joue sa dernière carte pour se maintenir, pour quelques années encore, à la tête de l’USFP. D’autant que le 10e congrès doit se tenir alors que son bilan est marqué par trois revers électoraux successifs aux scrutins local et régional du 4 septembre, le 2 octobre 2015 à l’occasion des élections de la deuxième Chambre et aux dernières législatives du 7 octobre 2016. A cela s’ajoute la défection de plusieurs cadres et un grand nombre de militants de base, malgré les efforts de réorganisation entrepris au lendemain du dernier congrès.

C’est encore tôt pour que des potentiels successeurs des trois chefs de partis se manifestent

Hamid Chabat compte également sur la participation au gouvernement et l’appui des grandes familles au Sud et au Sahara pour rempiler. Lui, qui à la veille se son élection, avec un faible écart de 20 voix, assurait qu’il ne briguerait qu’un seul mandat a tout fait pour échapper à une tentative d’éviction au lendemain des élections du 4 septembre 2015.

Chabat, après avoir perdu les élections et son fief, la ville de Fès, et assisté impuissant à la débâcle électorale du parti aux dernières législatives, n’a pas trouvé mieux que de se lancer dans une croisade contre, entre autres, le ministère de l’intérieur. Une guéguerre dont l’Istiqlal pouvait bien se passer en ces temps difficiles. Abdel-Ilah Benkiran, contrairement aux premiers, est, lui, desservi par la rigueur de l’organisation de son parti.

Pour être maintenu, il doit passer par un amendement des statuts du PJD. Ce à quoi s’opposent déjà et fermement de nombreux cadres parmi les faucons du parti. Pour ce qui est de la désignation du chef de parti, la machine est plutôt rodée.

Le principe est simple : personne ne se présente ou ne brigue de mandat ou de poste. On est adoubé, puis éventuellement élu. Au-delà du principe, «l’ambition étant dans la nature humaine, les intéressés font souvent jouer leur influence et activent, de loin, leurs relais dans les bases et les instances du parti pour se faire proposer», confie une source du parti. L’élection, en elle-même, explique la même source, se déroule en deux phases. Un premier tour a lieu, durant lequel les congressistes proposent 3 ou 5 candidats qui leur paraissent valables, sans même leur accord. Une fois les trois, ou cinq, premiers sortis de ce tour, on leur demande s’ils acceptent de continuer la course.

Dans l’affirmative, le second tour se tient et un vainqueur est annoncé. Dans tous les cas, c’est encore tôt pour que de potentiels successeurs des trois chefs de partis se manifestent. Pour ce qui est des autres formations, le RNI vient d’élire, il y a quelques semaines, son nouveau président en la personne de Aziz Akhannouch. Son prédécesseur venait de démissionner assumant ainsi sa responsabilité des résultats décevants du parti aux élections. Ce qu’aucun chef de parti n’a jamais fait au Maroc.

Pour sa part, Ilyas El Omari du PAM en a encore pour au moins trois ans avant la fin de son mandat. Quant à Mohand Laenser du MP, il n’a été élu qu’en 2014, la même année en laquelle Nabil Benabdellah du PPS a été porté à la tête du parti. Mohamed Sajid de l’UC a été, lui, désigné comme secrétaire général une année plus tard.

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