Pour qui voter en l’absence de programmes clairs ?

Pour qui voter en l’absence  de programmes clairs ?

Au milieu de programmes qui, souvent bien que peu ficelés, se ressemblent et au milieu des tendances politiques qui s’entremêlent pour surfer sur les vagues qu’impose la course électorale, est née l’initiative Dalil Elections. Un outil qui sert de guide pour le citoyen marocain afin de l’orienter dans son choix de candidat et de parti, si toutefois il se décide à voter sur une base d’idées. De quoi s’agit-il ?

Ce n’était pas une tâche facile pour les équipes de RNW (Radio Netherlands Worldwide) et de Prodemos d’accoucher de la version marocaine du mondialement reconnu guide des électeurs. Ce guide qui, sur la base de 25 questions, permet à tout électeur potentiel de découvrir les points de divergence et ceux de convergence avec ce qui lui est proposé par les partis pour les élections communales et celles régionales. L’application disponible sur le site dalilelections.ma lui permettra ainsi de se positionner sur la carte des différentes entités qui font le paysage politique du Royaume.

Il s’agit d’une initiative qui «vise à renforcer l’exercice démocratique du vote  en fournissant aux citoyens et citoyennes des outils pédagogiques leur permettant de s’informer, lors de chaque échéance électorale, sur les visions et les positions des partis politiques», nous apprend Anass Bendrif en sa qualité de chargé du projet Dalil Elections. Seulement voilà, même en circonstances électorales, l’accès à l’information aurait été des plus compliqués. «En l’absence de programmes préétablis, nous avons été obligés d’adapter notre approche aux réalités de la scène qui s’offre à nous. Nous avons donc soumis aux dirigeants des partis un questionnaire de 50 questions d’ordre social, économique ou même sur la base des polémiques ayant secoué l’opinion publique marocaine.

En procédant par élimination des réponses similaires, nous avons gardé 25 questions qui permettront au citoyen de définir le parti qui le représente le mieux, à travers son positionnement», ajoute la même source.
En effet, l’équipe de ce guide aurait contacté et reçu les réponses des bureaux politiques des partis de la coalition et de l’opposition parlementaire ainsi que le Parti socialiste unifié qui entrera aux prochaines élections, le Parti des nouveaux démocrates et le Parti alternative démocratique. Quant au rassemblement national des indépendants (RNI), il ne se serait pas prononcé. «Nous avons eu quelques soucis à contacter ces partis et à faire le suivi des échanges. Sans exception aucune, nous n’avions reçu aucune réponse au bout de dix jours de l’envoi des questionnaires. Ailleurs, cela ne prend souvent pas plus d’une journée. Il y a lieu de s’attarder donc sur le problème de communication dont souffre le paysage politique, et par conséquent le citoyen», fait savoir le chargé de ce projet qui précise que dans un souci de neutralité et d’indépendance, ce guide n’a reçu aucun financement ou soutien de la part des partis.

A l’heure actuelle, ils sont 25.910 utilisateurs à avoir eu recours à ce guide pour découvrir leurs affinités politiques. Aux Pays-Bas où Prodemos a mis cet outil en place il y a 25 ans de cela, ils sont plus de 6 millions à le consulter en période électorale pour faire leur choix. A noter cependant qu’en l’absence de programmes clairs, il est difficile de parler d’exhaustivité quant aux questions proposées. Pour Bendrif, «il est difficile de comparer sans données définies et positionnements affirmés de la part des partis et bien évidemment assumés. Ceci dit, pour les Législatives, nous comptons élargir les thématiques traitées de façon à y inclure des questions tels les prérogatives des entités au pouvoir, les quotas de représentativité féminine au sein du Parlement et autres».
 

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