PPS, le parti du «pragmatisme politique»

PPS, le parti du «pragmatisme politique»

Interdit trois fois et changé de nom deux fois, le PPS est pourtant l’un des rares partis politiques à avoir été autorisés par l’administration du protectorat. Le Parti du progrès et du socialisme, légalisé en 1974, a tenu son premier congrès national en 1975. Cependant, le PPS, comme ses responsables le présentent, «s’inscrit dans la continuité du mouvement socialiste et ouvrier marocain qui a, depuis le milieu des années 40, milité pour l’indépendance de notre pays et pour l’avènement d’une société de justice et d’équité. Dans les années 60, il a agi pour un Maroc pluraliste, démocratique et de progrès».
À ses débuts et pendant le protectorat, le PCM, fondé en 1943, était une simple représentation du Parti communiste français. Il était l’un des rares partis autorisés avant qu’il ne soit interdit en 1952 suite aux manifestations populaires qui ont éclaté au lendemain de l’assassinat du syndicaliste tunisien Ferhat Hachad.
Pendant les premières années de l’indépendance, le Parti communiste marocain est regroupé autour de trois fortes personnalités : Ali Yata, désormais leader incontournable et ce jusqu’à sa mort, Abdeslam Bourqia et Abdellah Layachi. En 1960, le Parti communiste est interdit une deuxième fois sous le gouvernement UNFP de Abdellah Ibrahim. Les «camarades» ont alors été contraints de poursuivre leurs activités dans la clandestinité. Ils n’ont pas pour autant cessé de recruter de nouveaux militants parmi les rangs d’une jeunesse instruite et révoltée.
La traversée du désert va continuer jusqu’en 1968, date à laquelle le parti sort de la clandestinité et revient dans la légalité au prix d’une importante concession. Le parti s’est engagé, en effet, à abandonner toute référence au communisme en contrepartie de sa reconnaissance. Ce qui a coûté, par la même occasion, au parti qui est revenu dans la scène politique sous le nom du Parti de la libération et du socialisme (PLS), le départ d’un grand nombre parmi les plus radicaux et les plus dynamiques de ses militants. C’est ainsi qu’un certain Abraham Serfaty s’en est allé fonder le mouvement Ila Al Amam avec d’autres déçus du PLS mais aussi de l’autre grand parti de la gauche, l’UNFP. Cette année marque un tournant dans la vie du PPS qui fut aussitôt interdit, une année après sa légalisation, c’est-à-dire en 1969. Il réapparaît néanmoins en 1974 sous une nouvelle dénomination, le PPS.
Une nouvelle ère commence pour le parti, celle du « pragmatisme politique ».
Longtemps parti d’opposition, il a participé en 1998 au premier gouvernement dit d’alternance consensuelle, formé par le socialiste Abderrahmane Youssoufi, premier secrétaire, à l’époque, de l’USFP.
Depuis cette date, le PPS participe à la gestion des affaires publiques au niveau national. Il participe également à la gestion des affaires locales par le biais de ses élus communaux. Il est souvent donné en exemple pour avoir permis à une femme, Asmaa Chaabi en l’occurrence, de devenir la première femme marocaine maire d’une ville, puisqu’elle préside le conseil de la ville d’Essaouira sous sa bannière.
Une seule fausse note entache le parcours sans faute du parti depuis sa légalisation au milieu des années 70, c’est le départ en 1997, juste avant son entrée au gouvernement de l’alternance, d’un groupe de militants conduits par Thami El Khyari qui sont allés créer, la même année, un nouveau parti, le Front des forces démocratiques (FFD).
Néanmoins, aujourd’hui le PPS se veut «un parti progressiste, fermement attaché aux idéaux de justice sociale et de progrès, ambitieux pour son pays et son peuple, constructif et réaliste dans sa démarche, rationnel et résolu dans son approche».
Il se dit résolument convaincu qu’une «réelle politique de progrès ne peut s’opérer que dans le cadre d’un Etat fort de ses équilibres fondamentaux, démocratique dans son action, et réalisant la synthèse entre la légitimité historique, les valeurs civilisationnelles et les nécessités de la modernisation et de l’actualisation». Pour ce parti qui a été communiste à sa naissance et épousé les valeurs du socialisme universel depuis sa renaissance en 1974, «être socialiste aujourd’hui, c’est vouloir un projet de société qui rende possible l’émancipation des individus, quels que soient leur condition, leur sexe ou leur origine». Fort de ses 24 députés et 13 conseillers, le parti aborde les prochaines élections avec sérénité et confiance.

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