Première force d’opposition : Le PJD

Première force d’opposition : Le PJD

Les ministres pjdistes de plus en plus isolés au sein du parti et pourraient même perdre leur place au secrétariat général

C’est probablement un fait inédit. Les parlementaires du Parti de la justice et du développement (PJD), première force de la majorité parlementaire, pourraient devenir au même moment la première force d’opposition. Il suffit d’écouter les interventions des présidents des groupes parlementaires du parti dans l’hémicycle pour le comprendre.

Driss Al Azami Al Idrissi et Nabil Chikhi, respectivement président du groupe parlementaire à la Chambre des représentants (125 sièges) et président du groupe parlementaire à la Chambre des conseillers, n’ont pas été tendres vis-à-vis du gouvernement dirigé pourtant par l’un des leurs en la personne de Saâd Eddine El Othmani. A contrario, les deux hommes n’ont pas tari d’éloges au cours de leurs discours sur le parcours du secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, l’ancien chef de gouvernement. Alors que le soutien des parlementaires à leur parti au gouvernement est chose totalement acquise partout dans le monde, les présidents des groupes parlementaires du parti de la lampe ont insisté sur le fait que leur soutien à l’Exécutif est loin d’être automatique.

Les deux responsables ont ainsi joué avec les mots inventant par la même occasion de nouveaux concepts de soutiens critiques et conditionnés pour l’Exécutif dirigé par le président du conseil national du PJD et ancien numéro un du même parti entre 2004 et 2008. Si les parlementaires pjdistes ne vont pas aller jusqu’à voter contre le programme gouvernemental (ndlr: la Chambre des représentants avait programmé mercredi une séance plénière pour le vote de confiance), des moments difficiles attendent le gouvernement et spécialement les ministres pjdistes au Parlement à commencer par le débat sur le projet de loi de Finances 2017 qui doit démarrer dans les prochains jours. Ainsi, les représentants du parti au sein du gouvernement y compris le numéro un de l’Exécutif sont de plus en plus isolés au sein de leur formation politique.

A quelques mois de l’organisation du congrès national du parti, des voix commencent à se lever pour instituer une sorte d’indépendance du siège de secrétaire général du PJD par rapport au fauteuil de chef de gouvernement. Le but est de barrer la route devant El Othmani qui fait office de favori lors du prochain congrès. Mais ce n’est pas tout. Dans les coulisses du parti, l’idée d’empêcher les ministres pjdistes de siéger au sein du secrétariat général, l’une des plus hautes instances du PJD, est en train de faire son chemin. Auparavant, des proches de Benkiran avaient réussi à occuper les principaux postes au sein du Parlement. C’est le cas de Azami élu président du groupe parlementaire mais également Abdelaziz Omari, devenu premier vice-président de la première Chambre.

Les deux hommes sont connus pour leur proximité de l’actuel secrétaire général. Benkirane n’a pas levé le petit doigt également pour empêcher des figures de l’aile dure du parti de gravir les échelons. C’est le cas de Abdellah Bouano devenu président de l’une des commissions parlementaires les plus importantes, à savoir la commission des finances, et Amina Mae Alainine, élue septième vice-présidente de la première Chambre.

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