Prisons : Progrès notables

Prisons : Progrès notables

Le journal ibérique, “El Mundo”, affirme que les détenus espagnols de droit commun sont martyrisés. Cette accusation mérite, en plus d’une réaction politique ferme de la part du Maroc, un petit rappel des avancées réalisées par le Maroc dans le domaine carcéral. Ces avancées ne concernent pas uniquement les détenus étrangers (ce qui serait absurde), mais également, pour ne pas dire surtout, les prisonniers marocains.
Mais avant, rappelons à “El Mundo” que le Maroc et l’Espagne ont signé une convention judiciaire qui donne la liberté totale aux prisonniers espagnols arrêtés au Maroc de purger leur peine dans leur pays d’origine. Mais s’ils choisissent de rester au Maroc, c’est qu’ils s’y sentent mieux, même à l’intérieur d’une prison.
Cette remarque étant faite, il serait illogique de ne pas reconnaître les problèmes dont souffrent les prisonniers marocains, plus que les co-détenus étrangers.
"Il est vrai qu’une justice indépendante, intègre et efficiente conforte la suprématie de la loi et assure confiance et sécurité pour les personnes et les biens. Si elle favorise le développement et incite à l’investissement, elle apporte aussi la garantie du renforcement de la stabilité et de la démocratie, que nous plaçons au-dessus de toute autre considération". Cette phrase a été prononcée par SM le Roi Mohammed VI, le 29 janvier 2003, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire.
Mohamed Bouzoubaâ, le ministre de la Justice, n’a cessé de rappeler que son département est conscient que les prisons marocaines souffrent de plusieurs maux. Et c’est justement pour cette raison que le ministère de la Justice a inscrit parmi ses priorités la résorption du problème du surpeuplement des prisons.
Pour ce qui est de la grâce, le ministère a élargi les critères de sélection, afin de permettre au maximum de prisonniers d’en bénéficier. La commission chargée de la sélection privilégie donc les personnes âgées, les malades, les détenus de longue durée ainsi que les jeunes qui ont appris un métier au sein de la prison. Le but est bien évidemment de les aider à s’insérer le plus rapidement possible dans la société. Sont également sélectionnées de manière prioritaire, les prisonnières enceintes ou ayant un enfant à leur charge au sein de la prison.
Lors d’un précédent entretien accordé à ALM, Mohamed Bouzoubaâ a estimé que la vision de son département "n’est pas de réprimer, mais de prévenir les dérapages sociaux. C’est la raison pour laquelle j’ai donné des instructions aux parquets pour qu’ils fassent appel, conformément aux dispositions de l’article 53 du code de procédure pénale, à l’option de liberté provisoire avec le versement d’une caution, en guise de garantie". Cela évitera aux prisons d’accueillir des dizaines de nouveaux détenus.
C’est le cas également des personnes en attente d’une grâce. Aussi, le nouveau code de procédure pénale donne également au parquet la possibilité de concilier les parties. D’abord, la conciliation ne peut s’appliquer qu’aux infractions dont les peines sont inférieures à deux ans. Dans ces cas, le procureur peut engager une procédure de conciliation. C’est une manière de régler les litiges rapidement et avec beaucoup d’avantages. Le défendeur ne risque pas d’aller en prison car la peine ne peut être que pécuniaire. Ce qui évite d’encombrer davantage les prisons. En outre, une fois la victime dédommagée, le défendeur bénéficie d’un rabattement de 50% des taxes judiciaires. Mieux encore: l’affaire, une fois classée, ne figure jamais dans le casier judiciaire du défendeur. Tout le monde y trouve son compte. La victime, le défendeur et la Justice.

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