Projet de loi de Finances 2016: Les syndicats premiers mécontents

Projet de loi de Finances 2016: Les syndicats premiers mécontents

Le projet de loi de Finances 2016 (PLF) fait déjà des mécontents. Les syndicats sont d’ailleurs les premiers à monter au créneau. Les syndicalistes n’ont pas attendu le lancement du débat au Parlement pour critiquer fortement le prochain et dernier budget dans le mandat du gouvernement.

A l’UMT (Union marocaine du travail), les dirigeants ne cachent pas leur déception. «Tout d’abord, et sur le plan de la forme, le gouvernement a failli à son engagement de consulter les partenaires sociaux au cours de l’élaboration du projet de budget», affirme Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT. Même son de cloche chez Abdelhamid Fatihi, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT).

«Nous sommes face à un projet de budget qui s’inscrit dans la même lignée des précédents. Je dirais même que nous avons devant nous un projet de loi de Finances plus faible que les autres. Le gouvernement garde la même vision pour le développement de l’économie nationale avec les résultats que tout le monde connaît déjà», explique le numéro un de la FDT. Pour ce dernier, le projet de budget véhicule plusieurs contradictions. «D’un côté, nous avons un ministre des finances qui jubile face aux réalisations du gouvernement sur le plan macroéconomique mais de l’autre, les prévisions de la croissance pour l’année prochaine ne dépassent pas les 3%. Un taux qui est insuffisant pour l’amélioration du pouvoir d’achat et surtout la lutte contre le chômage», ajoute Fatihi.

Ce sont les mesures fiscales qui préoccupent le plus les syndicalistes. Au cours des derniers rounds du dialogue social, la baisse du taux de l’impôt sur le revenu avait été présentée comme l’une des revendications phares des syndicats, susceptible d’être présente dans le PLF. Mais il semble que cette mesure ne figure pas, du moins pour le moment, dans le projet. «La révision de l’IR pour les salariés est une demande tout à fait légitime mais le gouvernement n’a malheureusement pas pris en considération cette revendication», déplore Moukharik. De son côté, Fatihi dénonce l’absence de mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat. «Ces trois dernières années, les crédits alloués à la Caisse de compensation n’ont cessé de baisser.

Le projet de budget ne prévoit d’ailleurs que 15 milliards de dirhams pour l’année prochaine. Or, aucune mesure n’a été prévue pour prémunir les ménages contre les hausses potentielles des prix», explique le numéro un de la FDT. Et de conclure: «Le gouvernement cherche à renflouer les caisses du Trésor uniquement à travers les hausses d’impôts avec un impact direct sur le pouvoir d’achat».

Les syndicats menacent déjà et ne comptent pas rester au stade des critiques. «Nous allons réagir à travers notre groupe parlementaire à la deuxième Chambre ainsi que dans la première Chambre à travers les relations que nous avons avec des partenaires», met en garde le secrétaire général de l’UMT.
 

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