Radioscopie des douze nouvelles régions

Radioscopie  des douze nouvelles  régions

Le compte à rebours pour la régionalisation a-t-il commencé ? En tout cas, le ministère de l’intérieur semble passer à la vitesse supérieure à l’approche des élections de 2015. Après un projet de loi organique sur les collectivités territoriales, le département de Mohamed Hassad vient de soumettre aux partis politiques le nouveau projet de découpage régional. Un découpage qui reprend pratiquement à la lettre les recommandations de la Commission consultative de la régionalisation présidée par Mohamed Azziman préconisant la création de 12 régions contre 16 actuellement créées en 1997, du temps de Driss Basri, ministre de l’intérieur sous Feu SM Hassan II.

Le nouveau découpage proposé par la commission de Azziman et repris par l’Intérieur se traduit par la suppression de quatre régions qui vont fondre dans plusieurs régions. Cela donnera les futures 12 régions qui sont ainsi la région Tanger-Tétouan, la région de l’Oriental-Rif, la région de Fès-Meknès, la région Rabat-Salé-Kénitra, la région de Beni-Mellal -Khénifra, la région de Casablanca-Settat, la région de Marrakech-Safi, la région de Tafilalet-Draâ, la région du Souss-Massa, la région de Guelmim-Oued Noun, la région de Laâyoune Saguia Al Hamra et la région de Dakhla-Oued Ed Dahab. Ces trois dernières régions ont gardé pratiquement le même découpage que celui en vigueur depuis 1997. La commission consultative de la régionalisation a cependant procédé à la révision de la composition des provinces qui vont les constituer.

La région de Tanger-Tétouan s’en tire également avec des changements minimes. Pour leur part, les autres régions ont pratiquement toutes connu des changements à grande échelle. Dans ce sens, on notera la fusion entre les deux grandes villes de Fès et Meknès qui seront enfin réunies alors que ces deux villes sont aujourd’hui les capitales de deux régions distinctes. Le scénario s’appliquera également à Marrakech et Safi qui vont cohabiter dans une seule région avec une ville de Safi qui offrira à Marrakech une façade sur le littoral Atlantique. L’un des plus grands changements va concerner la région de Casablanca qui voit recevoir en son sein les villes de Settat et El Jadida, ce qui augure de la naissance d’une super région à fort potentiel économique, industriel et agricole. Cela s’appliquera également pour la région de l’Oriental- Rif qui promet de jouer un rôle plus important en raison de ses potentialités intrinsèques mais également grâce au grand effort d’investissement consenti dans la région durant les quinze dernières années. Le nouveau découpage a, par ailleurs, apporté son lot de «mariages» inédits. C’est le cas notamment pour la région de Beni-Mellal –Khénifra ou encore celle de Tafilalet-Draâ.
 
Quatre catégories
 
La commission avait réparti ces nouvelles régions lors de la présentation des résultats de ses travaux en quatre grandes catégories.
Il y a tout d’abord des régions des grands pôles urbains. "Il s'agit d'abord de l'espace situé au Nord-Ouest de la ligne virtuelle joignant Sidi Ifni au Jbel Tazzeka, en suivant successivement l'Anti Atlas, le Haut Atlas Central et le Moyen Atlas et, ensuite,  l'espace du Nord-Est du pays. Dans ce grand ensemble, aux deux extrémités du dispositif Nord-Sud, deux grandes régions s'imposent d'emblée  par leur importance : le Souss-Massa au Sud et la région qui couvre la péninsule Tingitane au Nord" , avait précisé la commission dans son rapport. Cette première catégorie regroupe la région du Souss-Massa avec comme pôle majeur la ville d’Agadir, la région de Tanger-Tétouan, la région de Rabat-Salé-Kénitra et la région de Casablanca-Settat.

La deuxième catégorie regroupe les régions de l’espace intérieur. Il s’agit notamment de la région de Fès-Meknès, la région de Béni Mellal-Khénifra et la région de Marrakech-Safi. La troisième catégorie est celle des régions homogènes de l’espace ultra atlasique. «Cet espace est structuré en trois grandes aires, à savoir la partie orientale (bassin versant de la Moulouya), la partie centrale (bassins versants du Drâa et du Ziz) et la partie occidentale (bassin versant du Noun et le Sahara atlantique)», avait expliqué le rapport de la commission. Cette catégorie regroupe donc la région Oriental-Rif et la région Draâ Tafilalet. Enfin, la quatrième catégorie est celle des régions sahariennes, notamment Guelmim-Oued Noun, la région de Laâyoune-Saguia Al Hamra, la région de Dakhla- Oued Ed Dahab. Le nouveau découpage a obéi, selon la commission consultative, à plusieurs principes, en l’occurrence le principe de complémentarité, un principe qui aurait été défendu par plusieurs acteurs politiques lors des auditions menées par la commission avant la réalisation de son rapport. Les responsables ont également pris en considération le principe de l’efficience ainsi que les principes d’accessibilité et de proximité.
Reste maintenant à savoir quelle sera la réaction des partis politiques qui sont appelés aujourd’hui à donner leur avis sur ce nouveau découpage. Des lectures contrastées ont déjà été faites et devraient animer le débat dans les prochaines semaines. Affaire à suivre.  

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