Reportage : Une journée avec un candidat à Tnine Oulad Bouziri

Reportage : Une journée avec un candidat à Tnine Oulad Bouziri

Une campagne électorale dans le milieu rural a ceci de particulier, c’est qu’elle ressemble à une fête populaire. Dans une circonscription où les agglomérations sont éparpillées, le lectorat dispersé sur plusieurs kilomètres à la ronde-il est logique que les candidats optent pour un jour de marché hebdomadaire pour aller à la rencontre de leurs électeurs potentiels. Ahmed Nichane, candidat du Mouvement populaire, est conscient de cette donne. C’est ainsi qu’il a choisi, lundi, le jour du marché dans sa région natale pour aller expliquer son programme aux milliers de gens qui se rendent au souk.
Ce premier jour de la semaine, tôt le matin, les supporters du candidat arrivent par groupes dans sa demeure qui sera le point de départ de sa campagne. Nous sommes à plus d’une trentaine de kilomètres de la ville de Settat et la maison est archicomble. À 9h, plus d’une trentaine de voitures, pick-up et six camions qui ont commencé à affluer depuis les premières heures, se sont mis en branle et à leur bords des centaines de sympathisants et membres de l’équipe du candidat. Quelques minutes, le temps de finaliser les derniers détails, le convoi se met en marche. Destination : l’agglomération rurale la plus proche, à un kilomètre et demi de la résidence du candidat. Un tour au village aura suffi au candidat pour marquer le passage de «l’épi», un symbole que les habitants ne connaissement que trop bien. Leur région étant le grenier du Royaume.La foule poursuit sa marche à destination de Tnine Oulad Bouziri. Pour y arriver, il faudra parcourir une dizaine de kilomètres d’une route étroite et sinueuse, un fil de bitume qui traverse les plaines étendues de la Chaouia. Le convoi auquel se sont joints d’autres dizaines de sympathisants venus à pied des douars avoisinants débarque dans le souk vers 10h, l’heure où l’activité connaît son apogée dans tous les marchés hebdomadaires de la région. Et c’est là et à ce moment que commence la vraie campagne. Un vrai travail de mobilisation, car la concurrence est rude. Dans ce douar de Oulad Bouziri, trois candidats originaires du même patelin se présentent aux élections. Tous sont originaires du même douar, connaissent et son connus dans cette région. Ce qui rend la tâche très difficile à tous les candidats qui doivent développer un argumentaire très solide pour gagner la sympathie et les voix des habitants de sa région natale et décrocher, par la même occasion, l’un des quatre sièges à pourvoir dans cette circonscription de Settat.
Dans ces contrées, il serait vain de parler de parti ou de programme électoral. Cela transparaît jusque dans les slogans des sympathisants de Nichane. Nulle mention du parti ou de programme politique. «Il ne nous a rien donné, mais c’est lui que nous préférons», scande la foule pour dire l’honnêteté du candidat dans un milieu où, par le passé, l’usage de l’argent et l’achat des voix étaient le chemin le plus court et le plus sûr vers l’hémicycle. Dans ces contrées, l’individu transcende toute autre considération politique. Les gens votent pour untel et non pour le programme de son parti. Et le critère qui est mis en avant la plupart du temps, c’est l’engagement du candidat pour sa région, bien qu’il s’agisse d’élections législatives et non communales. Le candidat est jugé à l’aune de ses réalisations ou ses promesses dans la localité où il se présente. Les gens sont pour celui qui «travaille». El les sympathisant de M. Nichane sont là pour rappeler, à travers les slogans rythmés, qu’ils égrènent à longueur de journée, que leur candidat fait partie de ces gens qui «travaillent».
Après les slogans, le discours. Et dans le sien, M. Nichane a rappelé une partie du programme électoral du Mouvement populaire, un parti dont le fief a toujours été, et ce depuis sa création en 1958, le monde rural et son électorat ces mêmes gens auxquels s’adresse aujourd’hui M. Nichane. Il leur expliquera que le parti compte généraliser l’accès à l’eau potable dans le monde rural d’ici 2009, qu’il a développé une stratégie d’action agricole pour un développement soutenu du monde rural. Il leur expliquera que le programme du parti vise à réduire les disparités flagrantes entre le monde urbain et celui rural. Il leur expliquera que s’ils votent pour lui et pour son parti, ils opteront pour un Maroc qui multiplie les initiatives afin de créer les richesses.
À mesure que la journée avance, le soleil continue son ascension vers le zénith, la chaleur devient étouffante, M. Nichane appelle une dernière fois l’assistance à voter pour lui et pour son parti. Il était 11h30 lorsque le meeting commençait à se défaire et une journée de campagne électorale en milieu rural prend fin.

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