Retraite : Une réunion sous haut risque au Parlement

Retraite : Une réunion sous haut risque au Parlement

La commission reprend l’examen des projets de loi liés à la réforme ce vendredi

Malgré un calendrier assez serré, le gouvernement à travers son numéro un, Abdel-Ilah Benkiran, ne cesse d’affirmer que la réforme passera coûte que coûte au cours de l’actuelle législature et avant la fin du mandat de l’Exécutif.

Le Parlement reprend ce vendredi l’examen des projets de loi liés à la réforme des retraites. En effet, la commission des finances à la Chambre des conseillers débattra de nouveau de la réforme controversée. Une reprise qui intervient après plusieurs reports et une première réunion qui a failli virer à la confrontation.

D’ailleurs, la réunion d’aujourd’hui aura lieu sous haute tension avec le risque d’assister à un remake de la dernière réunion. Celle-ci avait duré dix heures sans que les parlementaires puissent écouter la présentation du ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du Budget ainsi que le ministre délégué auprès du chef de gouvernement, chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration. Après des centaines de mise au point et des menaces de la part de certains syndicalistes d’entamer une grève de la fin dans l’enceinte du Parlement, le président de la commission des finances à la deuxième Chambre avait décidé de lever la séance restée depuis cette date ouverte en attendant la reprise. Depuis cet épisode, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée. Le gouvernement et les syndicats avaient décidé de poursuivre le débat sur la réforme dans le cadre du dialogue social dans l’objectif de parvenir à un deal. Le hic, c’est que toutes les réunions entre les partenaires sociaux n’ont pas permis d’arriver à un terrain d’entente.

Alors que les syndicats demandent une hausse généralisée des salaires et une amélioration des revenus par une baisse des impôts, le gouvernement estime que sa marge de manœuvre est limitée sur ces points. C’est la raison pour laquelle les centrales syndicales les plus représentatives avaient rejeté l’offre gouvernementale qui consistait à baisser l’IR (impôt sur le revenu) de deux points et décréter une hausse des salaires de 4% sur quatre années à raison de 1% par an. Les allocations familiales devaient également augmenter pour passer à 300 dirhams contre 200 actuellement. Mais ces mesures n’ont pas su convaincre les syndicats. Face à un dialogue social qui coince toujours, c’est la réforme des retraites qui se trouve prise en otage en quelque sorte.

La situation est d’autant plus compliquée que la réforme accuse déjà un grand retard sachant que la session parlementaire actuelle sera la dernière avant les prochaines élections législatives prévues le 7 octobre. Malgré un calendrier assez serré, le gouvernement à travers son numéro un, Abdel-Ilah Benkiran, ne cesse d’affirmer que la réforme passera coûte que coûte au cours de l’actuelle législature et avant la fin du mandat de l’Exécutif. De leur côté, les syndicats assurent que la réforme actuelle ne passera pas, du moins sous sa forme actuelle. Il faut préciser qu’il s’agit d’une réforme paramétrique destinée exclusivement au régime des pensions civiles de la Caisse marocaine des retraites (CMR) et la caisse des fonctionnaires de l’administration publique.

Autrement, seule la fonction publique est concernée par la réforme actuelle. Celle-ci prévoit un rallongement de l’âge départ légal à la retraite à 62 ans contre 60 actuellement, une hausse des cotisations à part égale entre l’Etat employeur et les fonctionnaires ainsi qu’une révision de la méthode de calcul de la pension de retraite sur la base des huit dernières années d’activité. Des mesures qui sont rejetées en bloc par les syndicats lesquels revendiquent une réforme globale de tout le système de retraite dans le pays.

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