Rétro 2015: Les temps forts de la scène politique

Rétro 2015: Les temps forts de la scène politique

Trois ministres remerciés

Fait plutôt rare, trois responsables gouvernementaux ont été limogés au cours de 2015. En effet, Lahbib Choubani, ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile, Soumia Benkhaldoun, ministre déléguée auprès du ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres, et Abdelaadim El Guerrouj, ministre délégué auprès du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, chargé de la formation professionnelle, ont été remerciés. Les trois responsables étaient, en effet, au centre d’une tornade médiatique et politique qui a tenu en haleine l’opinion publique durant plusieurs semaines. Le limogeage de Choubani et Benkhaldoun avait été décidé suite à des fuites dans la presse sur leur projet de mariage. Des informations qui ont été confirmées par les deux intéressés. Quant à El Guerrouj, il avait été éclaboussé dans une affaire de paiement d’une facture par le ministère dans ce qui est communément appelé affaire
du chocolat.
 

Chambre des conseillers: Benchemass nouveau président

L’année 2015 est également l’année du parachèvement du renouvellement des instances constitutionnelles du pays. C’est dans ce sens que la Chambre des conseillers a été renouvelée à l’issue d’un processus électoral qui avait commencé au printemps 2015 avec les élections professionnelles pour se terminer en septembre avec les élections communales et régionales. Si les résultats finaux des élections de la Chambre des conseillers qui se déroulent selon un suffrage universel indirect n’ont pas permis de dégager une majorité claire et nette, les partis de l’opposition ont pu conserver un certain leadership dans cette Chambre. L’élection du président de la Chambre des conseillers a connu une bataille sans merci entre le PAM et l’Istiqlal. Ce dernier étant arrivé premier au classement des résultats voulait le perchoir alors que le PAM, classé deuxième, a milité pour conserver le fauteuil de la présidence. Au final, c’est le candidat du PAM, Hakim Benchemass, qui est élu nouveau président grâce à des voix de l’opposition et de la majorité.

Maroc-Suède : Une crise diplomatique sans précédent

Les deux Royaumes qui entretenaient des relations plutôt paisibles ont connu en 2015 une crise diplomatique sans précédent. Tout a commencé lorsque la majorité gouvernementale de gauche au pouvoir en Suède a manifesté sa volonté d’adopter une loi au Parlement reconnaissant la république fantoche du polisario. Pour le Maroc, c’est la provocation de trop de la part du gouvernement gauchiste suédois. Le gouvernement marocain adopte une position ferme menaçant de boycotter les produits suédois et de reconsidérer son partenariat avec ce pays nordique. Au même moment, des délégations partisanes marocaines sont dépêchées sur place en Suède pour expliquer la position marocaine concernant l’affaire du Sahara. Les efforts du Maroc se sont révélés concluants puisque les responsables suédois ont abandonné leur entreprise qui menaçait de mettre en péril le partenariat entre les deux pays.

Elections communales: Le PAM consolide sa 1ère place et poussée du PJD dans les villes

L’année 2015 a été marquée sur le plan politique par l’organisation des élections communales et régionales, les premières depuis l’adoption de la Constitution de 2011.
Au cours de ce scrutin, le Parti authenticité et modernité a pu consolider sa première place obtenue lors des élections de 2009 en termes des sièges obtenus. De son côté, le Parti de la justice et du développement a enregistré une poussée considérable dans les grandes villes.
Le PJD est même parvenu à assurer la majorité dans plusieurs conseils de villes, ce qui lui a permis de s’emparer des présidences.
L’Istiqlal en dépit d’un bon score au cours du scrutin, a essuyé quelques revers.
L’une des grandes surprises des élections a été la perte par Hamid Chabat, le secrétaire général actuel de l’Istiqlal, de son siège en tant que maire de la ville de Fès au profit d’un candidat du PJD en la personne de Idriss Al Azami Idrissi.

Laâyoune: Une visite historique
 

La fin de l’année 2015 a été marquée par une visite historique effectuée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Laâyoune. Une visite hautement symbolique qui a coïncidé avec le 40e anniversaire de la marche Verte. Le Souverain a prononcé à cette occasion un discours important. Plusieurs projets structurants pour le Sahara marocain ont également été dévoilés au cours de la visite. Il s’agit notamment de la construction d’une voie express qui va relier Tiznit, Laâyoune et Dakhla. Cette dernière connaîtra également la construction d’un grand port et d’une unité de dessalement de l’eau de mer. Des projets parmi tant d’autres qui rentrent dans le cadre d’un nouveau modèle de développement économique pour les provinces du Sahara. Ce modèle doit mobiliser durant les prochaines années pas moins de 77 milliards de dirhams  dans l’objectif de transformer le Sahara marocain en un hub régional pour le continent.

2015: L'année de la régionalisation

Un nouveau découpage et un cadre légal inédit, l’année 2015 restera dans les mémoires comme celle de la mise en œuvre effective du projet de la régionalisation. Le nombre des régions au Royaume est passé de 16 à 12 selon le nouveau découpage régional entré en vigueur au cours de la même année.
De même, le Parlement a adopté une nouvelle loi organique relative aux régions.
Ladite loi a renforcé l’indépendance des régions qui seront appelées à jouer un rôle plus important dans des secteurs clés comme l’éducation ou encore la santé.
Le gouvernement s’engage ainsi à transférer des prérogatives plus nombreuses ainsi que des crédits financiers plus importants. Le Royaume a connu en 2015 l’organisation d’élections régionales qui ont permis d’élire de nouveaux présidents des régions nouvellement créées.

Le Maroc accueille la signature d'un accord inter-libyen
 

La fin d’année 2015 a été marquée par la signature d’un accord de transition politique. C’est au Maroc et plus précisément à Skhirat que les participants au dialogue politique libyen ont signé l’accord qui prévoit la mise en place d’un ensemble unique d’institutions légitimes. Le Maroc avait accueilli les différentes parties libyennes concernées 14 mois durant pour que les négociations puissent aboutir enfin sur un accord qui doit mettre fin à un véritable chaos politique et sécuritaire qui A suivi la chute du régime du colonel Mouamar KadHafi en 2011. Les principales parties signataires de l’accord sont la Chambre des représentants et du Congrès national général. D’autres personnalités issues des partis politiques libyens, de la société civile, des municipalités et des groupes représentant les femmes avaient également pris part à la cérémonie de Skhirat. A noter que l’Accord politique libyen a été négocié sous l’égide de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL).
 

Maroc-France : Fin de la brouille diplomatique

Si l’année 2014 a été marquée par la froideur des relations entre le Maroc et la France, 2015 a marqué la fin de la brouille diplomatique entre les deux partenaires historiques. La brouille avait atteint son summum après l’annonce par le Maroc de la suspension de son accord de coopération judiciaire avec la France. En janvier 2015, les ministres de la justice des deux pays ont annoncé le rétablissement de cette coopération après la révision de l’accord qui lie les deux pays. Les mois qui ont suivi ont connu de nombreuses visites au Maroc et en France de la part des responsables des deux pays. C’est ainsi qu’en mai 2015, une importante délégation gouvernementale conduite par le chef de gouvernement, Abdel-Ilah Benkirane a été reçue à Matignon par le premier ministre français. François Hollande, le président de la république française, a également effectué une visite de travail de deux jours en septembre 2015 au Maroc à la tête d’une importante délégation française.
 

Zoulikha Nasri nous quitte
 

Décédée le 23 décembre 2015 à Rabat à l’âge de 70 ans suite à un accident vasculaire cérébral, Zoulikha Nasri a été nommée par SM le Roi Mohammed VI au poste de conseillère de Sa Majesté et devient la première femme à occuper cette fonction en 2000. Cette native de la ville d’Oujda laissera le souvenir d’une femme exceptionnelle, dotée de compétences, d’intelligence, persévérance, de modestie et de discrétion.

Les réactions nombreuses d’affliction, émanant de toutes les franges de la société, à l’annonce de son décès, montrent clairement qu’elle avait, au fil des années et des hautes responsabilités qu’elle a successivement assumées, conquis l’estime et le respect de tous. La défunte était membre de la Fondation Mohammed V pour la solidarité, créée en 1999 et dont elle avait pris les rênes. En 2002, elle prit la tête de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.

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