Sahara : La voie de la démocratie

Sahara : La voie de la démocratie

Le 25 mars 2006 est une date qui restera gravée dans l’histoire du Maroc et de ses provinces du Sud. Depuis la place du Méchouar à Laâyoune, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans un discours à la Nation, a montré la voie pour une solution définitive au conflit artificiel autour du Sahara marocain. Une solution inspirée par le choix démocratique du Maroc et que le Souverain déclare "irréversible". L’essentiel du discours de Sa Majesté le Roi a été consacré au Conseil Royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) que le chef de l’Etat a qualifié de "jalon (…) essentiel pour ancrer la culture de la concertation" permettant de déboucher sur des "propositions concrètes et pratiques" visant à traiter toutes les questions ayant trait aux provinces marocaines du Sud, l’intégrité territoriale et le développement économique, social et culturel.
Ce conseil, précise le Souverain, doit "se prévaloir de la crédibilité, de l’efficacité et de la représentativité nécessaires". C’est dans cet esprit que, parmi les membres du CORCAS, on retrouve aussi bien les notabilités locales, les chefs de tribus, les acteurs économiques et associatifs que les femmes et les jeunes élites. Ces derniers travailleront aux côtés des institutions élues et des pouvoirs publics pour "défendre la marocanité du Sahara et se faire l’écho des aspirations légitimes" des populations.
Ce conseil, que Sa Majesté le Roi veut comme "organe efficace de mobilisation et d’encadrement des citoyens", est habilité à faire des propositions pour toutes les initiatives permettant et garantissant le retour et l’intégration des Marocains séquestrés à Tindouf sur le sol algérien. Dans ce discours, le Souverain a rappelé les nouveaux développements, au niveau international, de la première cause nationale depuis qu’a émergé "la nécessité d’une solution politique négociée et acceptée par toutes les parties". C’est en souscrivant à cette orientation, affirme Sa Majesté, que le Maroc "n’a cessé de manifester sa disposition à œuvrer pour trouver une solution politique garantissant aux habitants de la région la possibilité de gérer leurs affaires régionales, dans le cadre de la
souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale inaliénables" du Royaume.
Dans son discours, Sa Majesté
le Roi a rappelé les consultations avec les partis politiques autour
de l’autonomie des provinces du Sud marocain et qui ont franchi d’"importantes étapes" avant de lancer un appel aux populations du Sahara marocain pour "engager une réflexion sereine et approfondie, et voir comment elles conçoivent le projet d’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Royaume, de son unité nationale et de son intégrité territoriale". Le puzzle de la voie de la démocratie sera ainsi complet pour déboucher, comme l’affirme le Souverain, sur "une conception nationale cohérente et réaliste d’une autonomie garantissant à tous les habitants du Sahara la possibilité de gérer leurs affaires régionales, dans le cadre de la démocratie et de la suprématie de la loi". Cette mission figure d’ailleurs parmi les priorités du CORCAS qui se mettra au travail dès les prochains jours.
La démocratie et la concertation voulues et encouragées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI ne vont pas sans le rappel, nécessaire, de la fermeté du Maroc quant à son intégrité territoriale. Le Souverain, aux propos interrompus par une standing-ovation, l’a rappelé à la fin de son discours. "Nous ne céderons pas un seul pouce, ni un grain de sable, de notre cher Sahara", a dit Sa Majesté le Roi à la fin de son discours avant de procéder à la nomination du président du CORCAS, Khali Hanna Ould Rachid, et du secrétaire-général de ce conseil, Malaiinaine Ben Khali Hanna Malaiinaine.
Dans une première sortie médiatique, Khali Hanna Ould Rachid, a estimé que le CORCAS vient à point nommé pour "dynamiser la cohésion interne et la participation de tous pour résoudre tous les sujets ayant été au centre d’un différend marginal". Pour Khali Hanna Ould Rachid, "Les Sahraouis authentiques ont choisi l’union depuis 1975". Le président du CORCAS estime qu’il était temps de substituer l’autonomie au "séparatisme qui a été encouragé pour d’autres desseins". Ce dernier a affirmé que la première réunion se tiendra dans les dix jours à venir pour élaborer un règlement interne et constituer le bureau du CORCAS.

DNES à Laâyoune

 Le CORCAS, des missions et des hommes


Le CORCAS est créé par Dahir royal. Comportant 15 articles, les crédits qui lui sont affectés, pour les besoins du fonctionnement notamment, sont inscrits au budget de la Cour royale. Comme tout organe relevant du Souverain, le CORCAS siègera à Rabat et est habilité à "émettre des avis consultatifs sur les questions d’ordre général ou spécial se rapportant à la défense de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale ainsi qu’au développement humain, économique et social intégré des provinces du Sud". L’ordre du jour est fixé après approbation du Souverain à qui d’ailleurs doit être remis un rapport annuel. Comme c’est le cas pour les recommandations et les propositions du CORCAS. Les membres nommés par Sa Majesté le Roi sont au nombre de 141 et la composition du CORCAS, qui se réunit deux fois par an et plus si besoin, peut être élargie sur décision du Souverain. Les membres, désignés pour quatre ans, sont bénévoles et on y retrouve des élus locaux, des parlementaires, des acteurs associatifs et des chefs de tribus. Femmes et jeunes y bénéficient d’une place privilégiée.
Khelili Mohamed Salem Rguibi, père de Mohamed Abdelaziz, fait partie des membres nommés vendredi dernier par Sa Majesté le Roi.

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