Sahara : Le Corcas a imposé sa pleine légitimité au Polisario à New York

Il est incontestable que le Corcas est le gagnant du premier round des négociations entre le Polisario et le Maroc sur le projet d’ autonomie sous souveraineté marocaine au Sahara. Khelli Henna Ould Errachid, lors de la conférence de presse tenue, au soir du mardi 19 juin 2007, au siège de la mission marocaine des Nations Unies à New York, était à la fois heureux et fier d’avoir porté — avec son secrétaire général, Maouelainin Maouelainin Ben Khalihenna —, la voix, légitimiste et unioniste, du Conseil des Sahraouis contre les séparatistes du Polisario. Le moment était grave. Les propos lourds de sens. Mais, personne n’était là pour donner à ce compte-rendu officiel un sens dénué de crédibilité. C’est vrai que les négociations étaient difficiles. C’est vrai qu’une crise de 32 ans ne peut être dénouée en 48 heures. Il est vrai aussi que l’ombre de l’Algérie, l’interlocuteur réel, mais caché, de ces négociations planait sur les échanges au point que le circuit sinueux de la validation des propos pouvait prendre parfois pour certains négociateurs séparatistes captifs des chemins assez originaux, voire biscornus.
Ce premier round était-il une réussite ou un échec ? «Cela dépend des objectifs assignés au départ», répond le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa. «Le contact est pris, on continuera les discussions au mois d’août. Sous cet angle le processus est lancé, et il continue.» Quatre parties se sont réunies, sous l’égide des Nations Unies; le Maroc et le Polisario d’un côté, la Mauritanie et l’Algérie de l’autre — et elles ont décidé de se revoir. Il n’y a là rien de négatif, selon la délégation marocaine, sachant que ce n’est pas la revendication traditionnelle, et à présent décalée, du Polisario — à savoir une autodétermination qui conduit automatiquement à une indépendance —, qui est en débat, mais bel et bien l’offre marocaine d’autonomie. Sur la base de la position classique des séparatistes, il n’y aurait pas eu la résolution 1754 des Nations Unies, ni d’ailleurs les discussions de Manhasset. Les choses sont, désormais, claires pour tout le monde.
L’implication très forte du Corcas durant les débats fait dire au président de cette instance représentative, qui connaît son monde, — et c’est peut-être le fait qui a le plus déstabilisé les séparatistes — que dans ce dossier, nous sommes à un tournant dont les plaques de signalisation ne sont pas encore posées. L’image est peut-être facile, mais elle indique certainement à l’adresse des parrains du processus que pour parler une langue commune, celle de la paix, il faut nécessairement partager la même grammaire. La culture du consensus et de la solution pacifique des conflits ne s’accommodant guère des pétitions de principe d’autant plus éculés que contreproductifs. Ceci étant, personne ne peut, encore, mettre sous le boisseau la population séquestrée à Tindouf. La lumière de la paix brille aussi pour elle et il n’est plus possible de continuer à la réduire au silence. Le message qu’elle a reçu de New York est très fort et il implique de nouvelles responsabilités pour ceux qui veulent contre le bon sens la représenter abusivement d’une manière exclusive. Une réalité nouvelle est née. Les deux jours de négociations et d’échange, directement entre des Sahraouis, sans exclusive, produiront à l’évidence des effets et généreront des demandes, également, nouvelles dans les camps. «Le Maroc est une nation forte dont les positions au sujet de son intégrité territoriale sont opposables à tous. Le Corcas est dans le jeu du fait de la légitimité supérieure qui le fonde. Le Polisario a participé en tant que Polisario. Pas plus. Il est réduit désormais à son histoire propre, à ses alliances et à sa simple expression.», martèle Khelli Henna Ould Errachid dans la lancée de deux jours de discussions entre frères — comme il le répète à chaque fois.

DNES à New York
Khalil Hachimi Idrissi


Opportunité

La délégation marocaine aux négociations de Manhasset a réitéré, mardi soir, l’importance pour l’autre partie de mesurer «l’opportunité historique actuelle» en vue de résoudre définitivement la question du Sahara, rappelant que l’Initiative marocaine exposée lors de ce premier round «constitue la meilleure garantie et la meilleure forme de réconciliation qui puisse être présentée aux populations de la région». «Nous avons bon espoir qu’à travers les discussions qui ont déjà eu lieu que cela fasse réfléchir et qu’à travers celles qui vont avoir lieu début août, l’autre partie puisse mesurer tout l’effort qui est fait et saisir cette opportunité historique pour mettre fin aux souffrances d’une partie de la population sahraouie», a souligné le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa lors d’une conférence de presse à laquelle ont également pris part MM. Fassi Fihri, El Himma, Ould Errachid, Mansouri et Sahel.

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