Science et religion : Le Maroc un modèle en Afrique

Science et religion : Le Maroc un modèle en Afrique

Entretien avec Dr Abdoulkarim Abbo Yerima, membre de la commission scientifique de la fondation Mohammed VI

Rencontré mardi, après l’ouverture de la 3ème session ordinaire du conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des ouléma africains tenue les 17 et 18 décembre à Fès, Dr Abdoulkarim Abbo Yerima, résident à Yaoundé (Cameroun), explicite la méthode de travail de la commission dont il fait partie. Il livre également ses regards sur l’Islam en Afrique.   

ALM : La 1ère session du conseil supérieur de la Fondation Mohammed VI des ouléma africains, en décembre 2017, a été couronnée par la création de votre commission. Comment ce comité a-t-il travaillé après cette session ?

Dr Abdoulkarim Abbo Yerima : A vrai dire, j’ai plutôt assisté à Marrakech à une rencontre à propos de l’extrémisme et du radicalisme. A Fès, c’est la première fois que je participe à un événement dédié aux ouléma africains. Et d’après l’ouverture de cette 3ème session, la fondation avance vers les objectifs escomptés.

Alors comment avez-vous été informé du contenu des deux sessions précédentes, notamment du travail de la commission dont vous êtes membre ?

Je suis tout le temps en contact avec des pairs au Cameroun bien avant la première session. En fait le travail organisé ne peut pas être fait en même temps puisque certaines personnes travaillent dans les coulisses. Depuis que nous avons appris que le Maroc avait le projet d’unifier les énergies des ouléma africains pour servir leurs pays et religion, c’était une chance à saisir. D’ailleurs, les participants veulent du réalisme et du concret. Nous attendions un messie à vrai dire.     

Mais est-ce que le comité scientifique à Yaoundé œuvre de son côté pour un apport à la fondation ?

L’ensemble des membres de la branche au Cameroun communique sur ses activités et met en avant les questions concernant les commissions. Pour l’heure, un siège a été loué pour la branche à Yaoundé. Parmi les activités prévues, il y aura bientôt une rencontre dédiée au juste milieu pour propager les valeurs de tolérance et dénoncer l’extrémisme dans toutes ses formes.

Et que propose votre commission à la fondation ?

Il y a des projets proposés, notamment la création d’un centre dont les contours seront présentés pour approbation à long terme. En fait, la commission travaille, coordonne et planifie. Sur un plan horizontal, nous travaillons en commun et sur le plan vertical, nous attendons la réponse de la haute administration.

Alors, comment communiquez-vous avec la fondation au Maroc ?

L’échange se fait déjà avec le président de la branche au niveau local qui communique, à son tour, avec le secrétariat général de la fondation. Par exemple, avant de nous rendre au Maroc, le président a nommé les membres qui feront le déplacement. Lorsque ceux-ci ont été approuvés par le secrétariat général, la réponse est expédiée au président local qui communique par la suite avec les membres. Même quand nous nous sommes présentés à l’ambassade marocaine dans le pays, il s’est avéré qu’elle est déjà informée. D’ailleurs, le visa nous a été délivré en deux heures.

Que pourriez-vous nous dire de l’Islam au Cameroun ?

La religion islamique se porte bien au Cameroun. Les musulmans sont une composante fondamentale de la société camerounaise. La conversion à l’Islam y est précoce comme c’est le cas au Tchad et au Nigeria. Chaque grand pays musulman dans cette région impacte l’autre. De plus, le premier président du Cameroun, le président du Parlement, le vice-président du Sénat et des ministres sont musulmans. D’autant plus que l’Islam est sunnite au Cameroun qui adopte le rite malékite.

Quel a été l’intérêt des événements de Marrakech et de Fès pour vous ?

J’en tire plus d’un intérêt. Déjà, les simples rencontres sont assez intéressantes. Dieu a fait de nous des peuples pour se connaître entre nous. Cela crée aussi une dynamique pour le travail en commun. Aussi, ces rassemblement permettent l’échange de cultures et d’expériences entre mon pays et le Maroc par exemple. Et ce n’est pas tout.

Des pays africains sont relativement arriérés par rapport à la connaissance scientifique et religieuse du Maroc qui forme déjà des imams dans plusieurs institutions. C’est pourquoi de telles rencontres apportent un intérêt. Au-delà de cet apport, de tels événements permettent d’avoir une vision, une performance unifiée et des mécanismes déterminés mesurables. C’est ça le plus important pour un travail institutionnel. Aussi, le Maroc et le Cameroun ont des liens historiques en religion et le rôle du Royaume pour la propagation de l’Islam en Afrique est indéniable.

Un dernier mot…

Comme vous le savez, nous sommes faits pour s’entraider. Il se peut que des bénéfices communs soient échangés pour que l’intérêt soit général. En tant que Camerounais, la postérité des musulmans chez nous se manifeste plus en spécialités scientifiques. Nous avons besoin de médecins et ingénieurs musulmans entre autres. Nous avons également besoin de spécialités en anthropologie, histoire, géographie et d’autres disciplines. Comme nous avons besoin de spécialité en religion. Nous espérons par l’occasion que les membres pourront participer en orientation des bourses fournies à nos pays. Nous devons également une fière chandelle à SM le Roi qui exhorte à transmettre la religion.        

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