Syndicats : La traversée du désert

Syndicats : La traversée du désert

Avec un taux de syndicalisation de 6% seulement et 4 centrales représentées au Parlement sur une quarantaine

«Il faut reconnaître que les grèves d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec celles des années 70 et 80». Les propos émanent de Ali Lotfi, secrétaire général de l’Organisation démocratique du travail. Alors que la tension est à son comble entre les partenaires sociaux principalement le gouvernement et les syndicats, ces derniers ont déjà eu recours en l’espace de deux années à une multitude de marches de protestation et de grèves générales.

Seulement voilà, les centrales syndicales ont du mal à mobiliser les foules, du moins plus comme dans le passé. La dernière grève générale en date n’a été suivie que par 30% des fonctionnaires selon les statistiques gouvernementales alors que les syndicats avançaient le chiffre de 87%. «Je ne pense pas que les chiffres publiés par le ministère de l’emploi ou celui de la fonction publique soient conformes à la réalité. Bien évidemment, on ne peut pas affirmer que la dernière grève générale il y a deux semaines auparavant a atteint les 100% de participation, mais nous pouvons dire que ces objectifs ont été atteints», ajoute Lotfi. Ce dernier reconnaît tout de même qu’il y a d’autres raisons derrière la faiblesse des syndicats.

«Je pense que les guerres intestines ont sérieusement fragilisé les syndicats de notre pays. Chaque centrale tente de prouver qu’elle est capable de mobiliser et peser dans le dialogue avec les autres partenaires», conclut le numéro un de l’ODT. Division. Le mot est donc lâché. Il faut dire que l’histoire syndicale au Maroc est faite de guerres intestines et scissions internes. Mohamed Dadiâ, parlementaire syndicaliste, en sait quelque chose.

«L’un des principaux obstacles devant les syndicats est le manque de démocratie interne sans parler de l’âge très avancé de nombreux dirigeants syndicaux», dit-il. Ce dernier n’hésite pas à faire une autocritique pour le mouvement syndical. «Il n’y a pas eu un renouvellement des outils de travail des syndicats qui sont appelés aujourd’hui à devenir des forces de proposition. Or, nous constatons qu’il y a un recours démesuré à des actions de protestation. Certains syndicalistes étaient à l’origine de fautes graves avec l’utilisation à outrance de mouvements de débrayage au point de provoquer la fermeture d’unités industrielles», explique Dadiâ constatant, l’air désolé, la place de plus en plus importante occupée notamment par les coordinations au détriment des syndicats comme c’est le cas aujourd’hui pour les enseignants stagiaires.

Les syndicalistes lancent même un cri d’alarme face à la faiblesse du mouvement syndical. «Les syndicats comme les partis ont un rôle important à jouer dans la stabilité sociale et l’encadrement des foules. L’absence de ce maillon important de la chaîne risque d’avoir des répercussions graves», déclare la même source. Malgré cette situation, les syndicats ne comptent pas baisser les bras. Un nouveau plan d’action vient d’être annoncé par quatre centrales syndicales sur les trois prochains mois avec l’objectif cette fois de mobiliser plus de monde autour du dossier revendicatif.

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