Une marche syndicale de Casablanca à Rabat !

Une marche syndicale de Casablanca à Rabat !

Quatre centrales syndicales annoncent aujourd’hui de nouvelles mesures de protestation sur 3 mois

Les syndicats reviennent à la charge. Après une grève générale au bilan mitigé, quatre centrales syndicales veulent augmenter la dose. De nouvelles mesures de protestation doivent être annoncées aujourd’hui à Casablanca dans le cadre d’une conférence de presse conjointe organisée par l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et la Fédération démocratique du travail (FDT), l’aile de Abderrahmane Azzouzi.

«C’est un plan sans précédent», promet une source syndicale. Il faut dire que les quatre centrales ont voulu sortir des sentiers battus en proposant l’organisation d’une marche syndicale reliant Casablanca à Rabat même si la faisabilité de cette marche reste encore à confirmer. En tout cas, une commission syndicale conjointe examinait sérieusement cette piste dans le cadre d’une réunion fermée hier, lundi. «Cette commission a tranché les propositions et mesures de protestation retenues pour le planning dévoilé ce mardi», ajoute la même source.

Au cas où la marche Casa- Rabat ne se concrétise pas, les syndicats étudient l’option d’une grande marche de protestation à Casablanca.  Alors que les deux premières grèves générales observées ces derniers mois par les syndicats n’ont pas réussi à faire pression sur l’Exécutif, une nouvelle grève générale dans l’administration publique ainsi que le secteur privé se profile à l’horizon.

Contrairement aux grèves précédentes, le mouvement de débrayage étudié par les syndicalistes devra durer deux jours. Reste à savoir si les syndicats iront jusqu’au bout dans cette entreprise au risque de rencontrer une faible adhésion de la part des fonctionnaires.

Le recours par le gouvernement aux retenues sur les salaires des travailleurs grévistes commence à peser sérieusement dans toutes les grèves observées voilà plus de trois ans. Au cours de la conférence de presse d’aujourd’hui, les quatre centrales syndicales devront fixer une date pour la nouvelle grève qui se profile à l’horizon.

Sit-in de 3 jours

Mais ce n’est pas tout. D’autres actions de protestation pourraient être également annoncées par les syndicats. La commission conjointe, réunie hier, a étudié la possibilité d’organiser un sit-in devant le Parlement de trois jours. La date du sit-in pourrait être également annoncée aujourd’hui par les dirigeants syndicaux. Si les dates des protestations restent encore à confirmer, les syndicats ont d’ores et déjà décidés à s’étaler ces mesures sur trois mois. Les protestations vont aller crescendo avant d’atteindre leur apogée lors de la fête du travail, prévue le 1er mai prochain. Pour rappel, les syndicats avaient l’année dernière décidé dans une mesure inédite de boycotter les festivités du 1er mai. Depuis, la situation ne s’est pas beaucoup améliorée entre les partenaires sociaux. Pire encore, la décision gouvernementale d’adopter les textes relatifs à la réforme controversée de la CMR (Caisse marocaine des retraites), a mis les syndicats du pays en colère. Une réforme qui doit se traduire par un rallongement de l’âge de départ à la retraite dans la fonction publique à 63 ans contre 60 ans actuellement, une hausse des cotisations mensuelles pour les fonctionnaires et une révision de la méthode de calcul des pensions de retraite sur la base des huit dernières années d’activités, ce qui déboucherait sur une baisse des pensions. En attendant de voir l’impact des nouvelles mesures de protestation syndicales, les projets de loi relatifs à la réforme de la CMR sont bloqués à la deuxième Chambre parlementaire.
Pratiquement deux mois après le transfert des textes chez les conseillers parlementaires, l’examen des projets n’a pas encore commencé. Ce retard pourrait retarder la réforme sachant que le Parlement entame la dernière ligne droite de l’actuelle législature qui prend fin en août prochain, soit quelques semaines avant les élections législatives prévues le 7 octobre.
D’ici là, le bras de fer gouvernement-syndicats risque d’influer sur les préparatifs pour les Législatives.

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