Agadir : Au souk des remèdes miraculeux

Au cours de ces dernières années, la phytothérapie a creusé son chemin donnant naissance à plusieurs boutiques qui offrent aux clients des médicaments dérivant des plantes. Avec la découverte des propriétés préventives et curatives des plantes, une nouvelle offre est donc née. Maux de tête, quête de minceur, rhumatisme, douleurs diverses… Tous semblent trouver remède dans la nouvelle vogue. Emballage et étiquetage sont là pour attirer le patient et le persuader de la fiabilité du contenu.
Pourtant, certains campent sur leur volonté de ne pas changer les habitudes. Passant par les herboristes des quartiers populaires aux vendeurs ambulants qui circulent dans les souks hebdomadaires, bon nombre de personnes choisissent toujours les vieilles recettes prescrites par l’herboriste ou juste conseillée par un voisin ou un ami. Au souk hebdomadaire d’Inezgane, l’un des marchés les plus fréquentés d’Agadir et ses régions, chaque mardi, femmes et hommes des villages avoisinant la ville viennent s’approvisionner en plantes médicinales. Ici, la vente des herbes aux vertus curatives connaît une effervescence. Des dizaines de vendeurs exposent leurs produits près de leurs voitures, invitant les gens à venir tester les bienfaits des plantes et de quelques recettes dites miraculeuses avec leurs haut-parleurs. Les clients ne se font pas prier et plusieurs se prêtent volontiers aux tests. «Je souffre d’un rhumatisme depuis des années. Alors, je vais tenter l’expérience en appliquant cette pommade que m’a conseillé ce vendeur, espérant qu’elle me fera le plus grand bien. En plus, le prix n’est pas trop cher : vingt dirhams seulement !», justifie ce sexagénaire.
Pour une poignée de dirhams, ces vendeurs proposent des « médicaments» qu’ils qualifient de miraculeux en attestant qu’ils sont fabriqués à base de recettes 100% naturelles.  Frustration sexuelle, problème de fécondité ou encore manque de désir, toutes les maladies psychologiques et génitales sont sur la liste des produits faits maison. Les vendeurs se font passer pour des médecins en expliquant, analysant et traitant l’ensemble des maux. Dans une sorte de thérapie publique, qui a pour lieu le souk, ces vendeurs usent d’arguments, d’anecdotes et de cas déjà supposés de guérison pour mieux attester de la fiabilité de leurs médicaments.
Ceux qui ont déjà tenté l’expérience sans subir de dégâts ont appris la leçon. Il n’est plus question de se laisser arnaquer : «J’avais pour habitude de venir au souk chaque mardi pour faire mes achats de la semaine. Souffrant de maux de tête, un des vendeurs m’avait convaincu d’appliquer une crème sur mon front. Je l’ai cru et je l’ai achetée, mais il s’est avéré qu’il s’agissait tout simplement d’une matière colorante mélangée avec de l’huile de table», dénonce Ahmed. « Je n’oserai plus me procurer ce genre de médicaments naturels et je suis soulagé, parce que j’ai eu de la chance de ne pas tomber sur un produit toxique ou dangereux », explique-t-il.
Plante médicinale, oui, mais pas au prix de sa santé. C’est chez les herboristes diplômés et les chercheurs que la médecine traditionnelle se perpétue.

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