Agadir : Enfants abandonnés : La prise en charge fait défaut

Ils sont au nombre de 80 enfants, ne disposant que d’un seul espoir : celui d’être un jour pris en charge pour pouvoir finalement bénéficier d’un nouveau toit familial, d’une nouvelle vie qui les accueille avec chaleur et amour. Pourtant, cette chance ne peut parfois survenir qu’après des années d’attente et même s’anéantir.
Tel est le cas des enfants de la crèche de l’hôpital Hassan II, une crèche pour enfants abandonnés. Leurs cas diffèrent : certains ont été trouvés dans le froid de la nuit ou délaissés au coin d’une rue. Pourtant, le constat reste le même: ces enfants se trouvent abandonnés du jour au lendemain, nécessitant ainsi une prise en charge.
«Nous avons en charge 80 enfants allant des quelques mois jusqu’à l’âge de dix-neuf ans», déclare la présidente de l’association de Lions Club Tilila d’Agadir et de l’association Tazzanine, Dalila Serghini. Pour cette femme, ainsi que pour les autres membres de ces deux associations, la prise en charge de ces enfants est une bataille menée au quotidien.
Surtout dans un cadre où les institutions conçues pour la prise en charge des enfants de plus de trois ans n’existent tout simplement pas. «Notre tâche se trouve plus compliquée en l’absence d’institutions de prise en charge des enfants de plus de trois ans. Ainsi, nous nous trouvons devant l’obligation d’abriter ces enfants jusqu’à des âges très avancés allant même dans des cas jusqu’à dix-neuf ans», souligne Mme Serghini tout en ajoutant «la scolarisation de ces enfants fait aussi partie de nos soucis majeurs. Ainsi, la collaboration des écoles de la région nous aide à leur assurer l’un des droits fondamentaux de l’enfant».
Pourtant, la lutte au quotidien de ces deux associations se trouve encore plus rude, car une vingtaine de ces enfants sont des handicapés nécessitant des soins spécifiques «Nous disposons d’un staff de vingt-trois monitrices, une gouvernante et un chauffeur. Ce nombre reste très limité par rapport aux besoins de ces enfants, surtout que nous manquons d’un personnel qualifié et spécifié dans les soins pour handicapés», souligne-t-elle.
Toutefois, Mme Serghini insiste sur la nécessité de la création d’institutions assurant la relève : «Nous appelons toutes les parties concernées à multiplier des efforts pour la mise en place de structures pouvant assurer la prise en charge de ces enfants dès qu’ils atteignent l’âge de trois ans et également pour les enfants handicapés. Ces structures permettront à ces enfants de bénéficier des conditions nécessaires à leur épanouissement et de leurs droits à une vie meilleure». Outre ces soucis, cette crèche souffre également d’un manque en matière de financement : «Le fonctionnement de cette crèche nécessite un budget mensuel de 50.000 DH qui nous vient à la fois des donateurs, des activités organisées mais également par le biais de la subvention de l’Etat dans le cadre de l’INDH», souligne Mme Serghini. «C’est pourquoi nous appelons tout le monde à se mobiliser pour aider ces enfants».
Il est à souligner que dans le cadre de la lutte contre la précarité, une enveloppe de 150.000 DH a été consacrée à l’aménagement de cette crèche par l’INDH (Initiative nationale pour le développement humain) pour le compte de l’année 2005.

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