Agadir : Fassih, le pinceau à fleur de peau

C’est à coup de pinceau, de tableaux et de créativité artistique  que Rachid Fassih s’impose sur la scène artistique régionale et nationale. Jeune peintre, professeur d’art plastique, Rachid Fassih réinvente son univers artistique et retrace son itinéraire. Ses toiles, marquées d’originalité, de créativité essaient le temps d’une réflexion, d’une sensation d’échapper à l’artiste pour se répandre sur des tableaux  en couleurs et lignes. Cependant, c’est dans ces formes, ces courbes et lignes que ce jeune artiste trouve un certain bien-être et quiétude.
Cette démarche lui permet sans doute de mettre en scène une richesse et un talent qu’il nourrit quotidiennement de son métier de professeur d’art plastique mais également de sa vocation de peintre.
Rachid Fassih, né en 1973 à Agadir, se retrouve bercé par la beauté des couleurs, le goût de l’esthétique et le mouvement du pinceau alors qu’il était collégien. En suivant le conseil de son professeur qui découvre déjà  les prémisses d’un talent naissant, il opte pour des études à Marrakech, une période marquante dans le parcours de ce jeune peintre. «Mes études à la ville ocre ont été un moment de déclic  dans ma carrière d’artiste peintre. C’est au cours de cette expérience que se révèlent mon talent et ma conscience de cet engagement artistique qui m’animait», souligne Rachid Fassih. Une période qui va se couronner par l’obtention d’un baccalauréat section art plastique. Animé par sa passion de la peinture, le jeune bachelier échafaude plusieurs plans pour terminer ses études à l’étranger. Des rêves  auxquels il devra renoncer, faute de moyens. C’est ainsi qu’un autre choix s’impose. Fassih choisit de se lancer dans la carrière de professeur d’art plastique. Un métier qui lui accordera le plaisir de vivre de sa passion.
Le parcours de cet artiste commence ainsi à s’enrichir de jour en jour et d’expérience en expérience. En 1997, devant le manque et le vide de la scène régionale, ce peintre met à contribution ses efforts à ceux d’autres artistes de la région pour enfin donner naissance une association d’art plastique. Le jumelage entre la ville d’Agadir et d’autres villes d’Europe dans le cadre d’un échange culturel et artistique, permet ainsi de développer un échange fructueux, une expérience que Fassih appelle à réactiver. «Devant le vide qu’on sentait au niveau de la scène artistique régionale, nous avons opté pour l’organisation de la première rencontre régionale des jeunes plasticiens du Sud, une expérience qui a connu un grand succès et qui a regroupé une soixantaine d’artistes», explique Fassih. Originalité assurée, les jeunes artistes choisissent d’aller à la rencontre du public en exposant leurs œuvres sur la place Amal.
Et puisque toute magie tient sa force de sa capacité de transformation d’une idée, d’une réflexion ou d’une émotion, Fassih choisit d’accompagner sa démarche d’artiste d’une réflexion de chercheur. Un processus qui se nourrit de recherches et de réflexion, qui se laissent attraper le temps d’un croquis avant de céder place à la toile. «Chaque exposition se plie à un processus qui commence par un déclic, se développe  au long des recherches pour élaborer le thème de cette exposition. Dans un deuxième temps, je trace des croquis, c’est ainsi que l’idée se développe et se trace pour enfin jaillir dans sa phase finale en donnant une toile» explique Fassih.
La dernière exposition de ce plasticien au sein du musée municipal en été est l’une des expériences qui témoigne de cette démarche.
Une trentaine de toiles portant sur le signe amazigh ont été présentées au public. Dans cet acte où l’univers  des signes amazighs se dévoilent dans des mouvements, des traces et couleurs, Fassih optent pour des matériaux tels : la toile de gite, la poudre, la peinture à l’huile, le papier et les peintures traditionnelles. Tous les matériaux semblent se réunir pour créer un mouvement au fond de la toile.
Les créations de l’artiste transmettent un message de sauvegarde et de sensibilisation à la richesse de la culture amazighe. Plutôt que de se contenter des signes figés, Fassih se libère rapidement et laisse  libre-cours à son talent et à sa créativité. «Je suis toujours animé par le souci de sensibilisation à la sauvegarde de la culture et du patrimoine. Ce sont ces richesses historiques et ancestrales qui témoignent de notre être et parcours», explique Fassih. Cependant, Fassih lance un autre appel, un cri venant droit du cœur d’un artiste : «Nous devons encourager la création de formation dans le cadre artistique, permettre à nos enfants et jeunes de laisser libre-cours à leur créativité au sein de nos établissements scolaires et accorder plus de place à l’art dans notre enseignement. Ce contact avec le beau, l’esthétique, cet espace de liberté permettra à nos jeunes de l’intégrer dans d’autres domaines et de diverses manières», lance-t-il. Avec sa touche libre, ses couleurs diverses et son engagement inconditionnel, Fassih se plie à la rythmique de sa démarche et promet de nouvelles expositions.
                                                                                          

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