Agadir : «L’mssid» résiste aux aléas du temps

Véritable pilier de l’apprentissage et de l’éducation, l’école coranique a toujours constitué un passage obligatoire pour les enfants de la région du Sud. «Lmssid» est encore aujourd’hui ancré dans les pratiques du Sud. A quelques kilomètres de la ville d’Agadir, dans les villages, le passage par une école coranique est l’une des étapes de grande importance dans l’éducation d’un enfant. Ainsi, plusieurs enfants de la région font encore perdurer la tradition en apprenant leurs premières lettres de l’alphabet arabe sur les nattes de la mosquée. Dans cet univers où règne le respect de la tradition, l’école coranique reste une école de proximité. Ainsi, le fquih dispense des cours à l’ensemble des jeunes enfants des douars, au menu des jours récitation des versets coraniques et exercices d’alphabet arabe.
Menus de l’ancre traditionnelle, «Smgh», et de leurs ardoises, «Talouht», les enfants des villages prennent le chemin de l’mssid. Les enfants sont appelés à exprimer leur gratitude et respect à leur maître, le «fquih». Assis sur des nattes, ils sont des dizaines à répéter, en chœur, les versets ou les alphabets prononcés par le maître. Les cours dispensés en plusieurs séances sont ainsi coupés par de petites pauses imposées par la prière ou juste pour une petite récréation. L’apprentissage, qui s’étale sur toute la période de l’enfance, dépend des capacités de chaque enfant. Dans cet univers ancestral de transmission, tous les éléments d’apprentissage sont confectionnés par les jeunes élèves. «Talouht», «Smgh» ou «Akraj» (une plume fabriquée à base de roseau). Une fois le passage inscrit sur la petite ardoise, appris après plusieurs séances de récitation, les élèves se mettent à astiquer leurs ardoises pour y inscrire un autre extrait d’un verset coranique. Une pratique qui se fait en groupe à l’aide des galets, d’herbes fines et d’argile qu’on nomme «salsal». Dans les mosquées de la région, ils sont également de dizaines de jeunes qui viennent à la recherche du savoir. Ils s’installent dans des salles dans l’enceinte de la mosquée et certains peuvent y passer plusieurs années pour accéder au statut de «fquih». Mais, condition obligatoire, il faut apprendre par coeur l’intégralité du Coran. Pour soutenir ces chercheurs du savoir, toutes les familles du douar se réunissent autour de ces jeunes étudiants pour les encourager. A tour de rôle, «Tawala», les familles du village préparent des plats, généralement «Tajine» ou «Couscous», qu’ils offrent à ces jeunes qui sont en «Imhdarn». Ainsi, les jeunes étudiants font le tour des maisons des villages pour récupérer les plats et les porter jusqu’à la mosquée.

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