Agadir, un pôle en devenir

Agadir, un pôle en devenir

Si, géographiquement parlant, on peut considérer que la région Atlantique Centre s’étend du village de pêche d’Imessouane au nord à Tan Tan au sud, il n’en demeure pas moins que son impact économique et social s’étend bien au-delà des frontières administratives et nationales. C’est dire qu’il s’agit d’un secteur relativement primordial tant pour le présent que pour l’avenir de la région. D’ailleurs, l’un des piliers du plan «Emergence» pour la région consiste en la modernisation et la relance de l’industrie de transformation des produits de la mer.
En effet, la Région Souss-Massa-Draa et un certain nombre de partenaires œuvrent, en concertation avec les principaux acteurs de la filière, à la mise en place du pôle halieutique d’Agadir.
Et les perspectives sont d’autant plus prometteuses que la région brille notamment par la diversité de ses ressources halieutiques et de ses activités en rapport avec les produits de la mer où elle a acquis un important savoir-faire.
Concrètement, et en se référant à la Direction régionale Atlantique Centre de l’Office national des pêches (ONP), axée sur la pêche artisanale et côtière et coiffant trois délégations régionales, à savoir celle d’Agadir, de Sidi Ifni et de Tan Tan, les chiffres sont parlants. Ces entités englobent les halles et les Comptoirs d’agréage du poisson industriel (C.A.P.I) de Tan Tan, de Sidi Ifni, d’Agadir, ainsi que l’entrepôt frigorifique d’Agadir, le village de pêche d’Imessouane et les points de débarquement aménagés (PDA) d’Immi Ouaddar, de Rkount et de Sidi Boulfdail et le site de pêche de Taghazout. Ce qui dénote d’une activité diversifiée répondant à une demande variée. Globalement, les débarquements de la pêche côtière et artisanale de cette région représentent, en moyenne, quelque 23% de la production nationale et 20% de sa valeur. A fin 2008, ces débarquements ont totalisé 218.000 tonnes pour une valeur de près de 869 MDH. Par port, les apports de pêche artisanale et côtière commercialisés au sein de la halle d’Agadir en 2008 se caractérisent par leur diversité vu leurs différentes origines, à savoir les chalutiers, les barques, les sardiniers, les palangriers traditionnels et ceux en acier, et enfin le poisson dit de transit expédié par voie de terrestre à partir des halles de Laâyoune, Tan Tan et Sidi Ifni.
Ainsi, les débarquements enregistrés au niveau d’Agadir ont dépassé les 82.000 tonnes pour une valeur commerciale supérieure à 390 MDH.
A Tan Tan, plus de 103.000 tonnes de produits de la mer ont été débarqués en 2008 pour une valeur de 380,8 MDH. Près de 90% de ce tonnage est constitué de poisson industriel et correspond à 40% de la valeur. Le reste est composé de poisson blanc, de céphalopodes et de crustacés.
 Quant à Sidi Ifni, les débarquements de la pêche côtière et artisanale ont totalisé 32.280 tonnes en 2008 pour une valeur de près de 98 MDH. Le poisson industriel représente 77% de ce tonnage et 59% de sa valeur. De son côté, l’ONP dont les missions s’articulent autour du développement de la pêche artisanale et côtière ainsi que l’organisation de la commercialisation des produits de la pêche maritime, s’attache, dans le cadre de son orientation stratégique 2008-2012, à atteindre plusieurs objectifs. Parmi eux, la promotion d’une politique d’intégration de la filière, la modernisation des outils de production, le développement et l’encadrement de la pêche artisanale ainsi que l’amélioration de l’organisation et la mise à niveau du réseau de commercialisation.  
Par ailleurs, l’ONP a lancé le projet de la nouvelle halle d’Agadir, dont les travaux seront achevés après douze mois de travaux pour un investissement de plus de 66 MDH. Cette infrastructure dite de «nouvelle génération» répondra aux normes de qualité internationales les plus sévères et constituera, selon les responsables, un des piliers de la démarche qualité en faveur du renforcement de la compétitivité du secteur, notamment en ce qui relève du «  pôle halieutique d’Agadir ».
Entre autres, la nouvelle halle introduira de nouveaux concepts, dont le principe de séparation des flux des personnes et des produits, le contrôle de la température entre 12 et 16° C pour la préservation de la qualité des produits et l’informatisation de l’ensemble du processus de commercialisation. Une informatisation qui permet notamment de maximiser la célérité et la transparence des transactions et qui assure un suivi rigoureux de la traçabilité des produits.  Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’amélioration du système de commercialisation et qui a débuté en 2002 par le déploiement progressif du système d’information «MAIA». Jusqu’à présent, l’informatisation a concerné la criée au niveau des halles de Dakhla, de Laâyoune et de Sidi Ifni ainsi que le processus de commercialisation du poisson industriel au CAPI d’Agadir et Laâyoune. Et il est programmé de généraliser cette informatisation aux autres halles et CAPI.
En outre, ce système d’information MAIA qui a permis d’informatiser l’ensemble des opérations de gestion des transactions et de traitement des données comptables, contribue d’une manière fiable et efficace dans le développement des activités de l’ONP aux niveaux central, régional et, à l’avenir, international à travers la mise en place de la commercialisation à distance. Ainsi, ce système d’information constitue une plate-forme qui assure une gestion intégrée, et en temps réel, des flux physiques des produits de la mer et des flux financiers correspondants. C’est dire qu’il se distingue par ses fonctionnalités et son rôle unique et incontournable dans le secteur de la pêche maritime.
Au total, la mise en place de cette nouvelle halle au poisson ainsi que la réorganisation du port de pêche à travers une action volontariste conjointe entre le ministère de la Pêche maritime et l’ONP, appelé à agir en tant qu’opérateur global, représentent le premier maillon de valorisation des produits pour une meilleure compétitivité de la filière dans le cadre du Pôle Halieutique d’Agadir.  S’agissant de la pêche artisanale, dont l’importance économique et sociale est indéniable,la réalisation des points de débarquement aménagés vont contribuer à la création de micro-pôles de développement régionaux, à l’amélioration des conditions de vie et de travail des artisans-pêcheurs ainsi qu’à la préservation des produits et à leur valorisation.
Dans cet esprit, outre les villages de pêche et points de débarquement aménagés existants, dont ceux d’Immessouane, d’Imiouaddar, de R’kounte, de Sidi Boulfdail et Aglou, il est prévu de construire un point de débarquement aménagé à Tifnit avec l’appui de l’organisme américain de coopération «Millenium Challenge Corporation» (MCC).
Et en dehors de Tifnit, seront notamment concernés par le financement du MCC, les ports d’Agadir, de Sidi Ifni et de Tan Tan pour un montant total de l’ordre de 80 millions de dirhams.
Ces projets en faveur de la pêche artisanale ont trait, entre autres, aux infrastructures de débarquement, aux infrastructures de base, dont les routes d’accès, l’eau et l’électricité, aux activités de formation et aux infrastructures de commercialisation(halle au poisson, magasins pour canotiers, atelier collectif de réparation des moteurs hors-bord…..).  C’est dire que la filière pêche maritime est appelée à jouer un rôle moteur encore plus dynamique à l’avenir.

• Synthèse Bachir Hajjaj

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