Agadir : Une exposition photo sur la terre cuite dans le Sud du Maroc

Une exposition photo d’envergure, des moments immortalisés en blanc et noir viennent se dérober au fil du temps. On peut l’attester, Claude Philip a su marquer un temps d’arrêt et d’émerveillement qui trace un moment fort où les mains habiles des potiers épousent à merveille leurs objets de création. On le sent ce mouvement, ce savoir-faire et cette fusion entre le corps du potier et sa création.
Les photos se dérobant en silence nous laissent suggérer cette mouvance qui anime chaque geste, chaque étape de ce savoir ancestral et nous plongent le temps d’un regard dans un voyage dans les ateliers et villages des potiers de la région du sud. Un moment où tout cesse d’exister, de bouger, seul le mouvement de ces mains habiles, de cette ténacité et de ce dévouement à l’objet demeurent.
Comme si le temps laissait perdurer son mouvement sur la photo, se permettant un moment d’arrêt de transmission, traçant son itinéraire immortalisé dans un moment d’offrande.
Des interpellations se lèvent doucement pour jaillir de nulle part, nous rappelant ce savoir-faire, cette tradition perdurés dans le temps par des hommes transmetteurs, héritiers et gardiens de notre culture. Echappant à l’effacement du temps, les potiers signent à coup sûr leurs empreintes dans le temps et dans l’espace et Claude Philip se joint à eux pour les faire sortir un moment de leurs ateliers de travail et nous faire sortir de notre léthargie. Un voyage dans l’éternité. Sitôt le regard levé, le voyage arrêté, nous nous intérrogeons au fond de nos même : comment peut-on préserver un patrimoine en péril, ces métiers d’antan résistant au flux du temps ? Reportant au fond de nos yeux, ce regard concentré, ces mains masquées de terre , cette fusion où l’être fait l’objet et où l’objet témoigne de l’être.
Né à Orange, Claude Philip a organisé de nombreuses expositions de photographies. Voyageant beaucoup dans les pays du bassin méditerranéen, il se partage depuis quelques années entre la France et Taroudant. «Terre cuite dans le sud du Maroc», vient en effet témoigner et de l’importance de cet art et de l’urgence de sa préservation. En effet, plusieurs ateliers de potiers commencent à céder place à la fabrication de briques, carreaux et tuiles de canalisation après un long dévouement à la fabrication des jarres à eau. A Tata également seuls deux potiers arrivent encore à faire face aux différents handicaps en produisant une petite quantité de grands plats.  Ce savoir-faire ancestral se perpétue courageusement malgré les difficultés liées à l’approvisionnement en terre et en bois de chauffage des fours de cuisson, autant d’éléments nécessaires à la survie de ce savoir ancestral.

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