Ahmed El Haouti : «La région est exposée au risque de perdre ses ressources naturelles»

Ahmed El Haouti : «La région est exposée au risque de perdre ses ressources naturelles»

ALM : Quel est le potentiel dont jouit la région Tadla Azilal ?
Ahmed El Haouti : L’économie de Tadla-Azilal se base sur une filière agricole de renom, une production végétale et animale diversifiée et régulière, qui approvisionne la jeune industrie agroalimentaire locale, et les autres régions du Maroc. Notons ici que Tadla-Azilal produit plus du tiers de la production nationale de betterave à sucre, près du tiers de la production d’olives, des agrumes et des légumineuses alimentaires. Le cheptel est estimé à 2,5 millions de têtes, ce qui permet de produire 200 millions de litres de lait par an, soit 20% des besoins nationaux en lait, en plus de 15% des besoins nationaux en viandes rouges. Cependant, l’industrie agroalimentaire locale ne tirait pas entièrement profit de cette production abondante et diversifiée, jusqu’à tout récemment, puisqu’on estime à 75% le potentiel agricole en volume exporté chaque année, à l’état brut, vers d’autres régions du Royaume ou à l’étranger. Mais les investisseurs locaux, nationaux et mêmes étrangers, commencent à prendre conscience de ce potentiel dernièrement. En deuxième position figure le tourisme, deuxième secteur clé de l’économie régionale, et qui connaît aujourd’hui une demande internationale croissante et un intérêt particulier des investissements nationaux et étrangers, notamment dans les segments de tourisme vert et de montagne.

Quelles sont les contraintes au développement de la Région ?
Outre la migration vers l’extérieur de la substance économique, composée essentiellement de la production agricole, et humaine de la région, on peut signaler le manque de valorisation des ressources en eau, pourtant abondantes dans la région. S’ajoute à cela le problème de sauvegarde de l’environnement, la poule aux œufs d’or pour la région Tadla-Azilal. En effet, cette région, qui se base d’abord sur ses ressources naturelles en matière d’investissements, est exposée en permanence au risque de perdre ce potentiel, à cause de nombreux facteurs, dont la surexploitation par les habitants. Les activités pastorales des montagnards, par exemple, dévastent, chaque année, de nombreux kilomètres carrés, mais restent légitimes car elles représentent la source de vie de nombreux foyers démunis et la plupart des cas analphabètes. Or, il faut leur donner l’accès à une activité de substitution pour vivre et laisser vivre la forêt. C’est justement l’un des objectifs de la relance de l’activité touristique au niveau de la région, et des projets tel que le Géoparc M’Goun, dont la gestion sur le terrain sera confiée en grande partie aux riverains.
Quelles sont les actions prévues pour le développement de la région?
De nombreux projets sont actuellement en cours à Tadla-Azilal et visent tous à renforcer l’attractivité de la région vis-à-vis des entreprises. Le premier projet est le tronçon autoroutier de 172 Km, qui devra relier la région Tadla-Azilal à Casablanca à l’horizon 2012, réduisant ainsi le temps d’accès aux ports et aéroports nationaux à moins de deux heures. La définition du tracé étant achevée, le projet sera bientôt lancé. Ce chantier devra mobiliser une enveloppe budgétaire de 4 milliards DH.
Un travail de planification est également en cours et devra produire d’ici fin 2008, un ensemble de recommandations stratégiques et un plan d’action pour le développement des deux métiers stratégiques de Tadla-Azilal, que sont l’agroalimentaire et le tourisme.
Parmi les grands projets en cours à Tadla-Azilal, figurent les chantiers de mise à niveau urbaine et de requalification des principales villes de la région.
Les citoyens de Beni Mellal ont pu voir leur ville en chantier ouvert en 2007, dans le cadre du plan quinquennal adopté par les autorités locales et le Conseil municipal de la ville, après un diagnostic minutieux et une large participation de la population et de la société civile. Ce plan d’action englobe les infrastructures, les équipements socioculturels, les espaces verts et de détente, les zones d’activités économiques, et la protection de la ville contre les inondations. Ce projet nécessitera une enveloppe budgétaire de 600 millions de dirhams et a pour objectif d’améliorer le cadre de vie et permettre à Beni Mellal de jouer pleinement son rôle de chef-lieu de la région.

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