Ahmed Hafdi : «écrire est une aventure qui conduit aux confins du monde»

Ahmed Hafdi : «écrire est une aventure qui conduit aux confins du monde»



ALM : A la fin décembre 2009, vous avez voyagé au Liban pour présenter une communication sur le livre francophone. Pourriez-vous nous en parler?
Ahmed Hafdi : En effet, j’ai fait un voyage au Liban, vers la fin de décembre 2009 parce que j’ai été invité par la CMA (Commission du monde arabe) qui a tenu son deuxième congrès à Beyrouth proclamée «Capitale mondiale du livre» par l’UNESCO. J’y ai présenté ma pièce et une communication sur le livre. Comme vous le savez, le Liban est la capitale mondiale du livre pour l’année 2009.

Quand avez-vous commencé à écrire?
L’écriture pour moi est une passion et une porte qui s’ouvre sur d’autres horizons. Quand j’étais au collège, j’avais l’habitude de rédiger des poèmes courts, des réflexions personnelles portant sur mon passé, sur la littérature que j’ai toujours aimée… J’ai écrit à ce temps là aussi un long récit de 50 pages, toujours inédit… Depuis, j’ai écrit un grand nombre de productions littéraires. Ecrire pour moi est un plaisir, on parle du «plaisir du texte», pour reprendre l’expression de Roland Barthes. Ecrire, c’est mettre un mot à côté d’un autre et les relire plus tard comme un peintre qui peint le monde qui change au gré de ses caprices. Ecrire, pour moi, est une aventure qui conduit aux confins du monde.

Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous écrivez en français et en arabe ?
J’ai toujours aimé la langue arabe. Je suis très influencé par la poésie préislamique, Abderrahmane Mounif, Naguib Mahfoud, Mohamed Zafzaf… J’ai appris l’arabe et le français dans l’arrière-boutique de mon père où j’avais l’habitude de lire des journaux et des revues destinés à l’emballage… Au collège, je suis arrivé à exceller en français grâce à la lecture de romans comme «Le Petit Chose» d’Alphonse Daudet…

Pourquoi l’Irak est-il votre sujet d’écriture ?
L’Orient m’a toujours fasciné. En lisant l’épopée de Gilgamesh, première aventure de la raison humaine, selon l’essayiste Ferras Assawah, j’ai eu ce sentiment étrange que l’origine de l’homme est de cette terre sainte, du moins la mienne… Scandalisé par l’horreur qui rampe impunément sur cette terre sainte, j’ai décidé d’écrire !

Et pourquoi précisément le théâtre ?
Le théâtre est avant tout une représentation de la vie. Pour moi, c’est un penchant irrésistible. En plus, je suis influencé par Tchékhov, Shakespeare, Beckett, Sartre… A mon avis, le théâtre est une forme d’expression adéquate pour évoquer un drame, avec des personnages tragiques, prenant en charge leur propre discours, et que l’on peut animer, réanimer et déplacer sur une scène, sur une terre chaotique.

Pouvez-vous bien nous parler de «Cette belle poussière jaune d’Uruk »?
Cette pièce est une invitation à une communion avec la terre aux deux printemps. Cela vous plongera dans l’univers historico mythique de l’Irak et vous interpellera. Un pèlerinage dans ce Proche-Orient ô combien fascinant et passionnant ! Mais de nos jours d’une actualité brûlante et inquiétante ! Je suis sur le point de terminer trois pièces de théâtre et un autre roman.

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