Ali Tizilkad : «L’écriture, une sorte de béquille dans les moments d’égarement»

Ali Tizilkad : «L’écriture, une sorte de béquille dans les moments d’égarement»


ALM : Parlez – nous de votre livre «La Colline de papier»  ?
Ali Tizilkad : Je suis d’abord ravi de parler de mon livre «La Colline de papier» ici à Marrakech. Ce livre, j’ai fini son écriture quelque part dans la région de Marrakech, et plus exactement à Tahanaout. C’est d’abord l’histoire d’un livre qui ne finissait pas. J’ai commencé à écrire «La Colline de papier» et je l’ai terminé autour de l’oubli, autour de la mémoire par retour des paysages disparus et des personnes qu’on ne voit plus. Et aussi autour de soi-même quand on se cherche et quand on se cerne. Tous ces sentiments m’avaient toujours paru comme étant une problématique.

Qu’est-ce que l’écriture pour vous  ?
L’écriture, pour moi, est une sorte de béquille dans mes propres moments d’égarement. L’écriture est une issue sur laquelle je m’accroche. Je me dis tout simplement qu’il faut absolument écrire pour ne pas se perdre. Par retour de bâton, je me suis un peu perdu plus. Quand on vient de terminer un livre, on s’en sort vraisemblablement fatigué.
J’ai du mal à consommer cet après-livre. Et c’est justement ce que je vis dans cette période-là. Je suis en train de ruminer.

Pourriez-vous nous décrire votre parcours  ?
Je suis un autodidacte qui est curieux de tout. Dans ma vie, j’ai découvert la culture par accident. J’ai commencé ma carrière comme enseignant. J’ai enseigné les sciences naturelles, le français, ensuite la traduction, pour devenir par la suite traducteur et également journaliste. L’essentiel, c’est que je suis prêt à me remettre tout à fait à autres domaines et autres horizons, et exploiter ainsi différentes activités que je n’avais jamais connues. Pourquoi pas l’agriculture par exemple ou bien même l’architecture ? J’ai donc des prédispositions d’un éternel recommencement. Je peux ainsi être un médiateur linguistique quand je fais de la traduction. Un médiateur journalistique quand je transmets une information. Un médiateur dans la vie quand j’écris, afin de dévoiler ce que je suis, ce que j’ai découvert et ce que je continue à vivre inlassablement. Je suis en train d’embellir la vie par ces différentes formes de médiation.

Entre les lignes de «La Colline de papier», il y a une autobiographie en plus d’un récit. Comment avez – vous réussi à rendre cette symbiose possible  ?
Mon livre est premièrement une autobiographie qui déclame un mode de vie au sein de la région de l’Oriental, qui n’existe plus. En plus, je décris toute une organisation sociale ainsi que des relations humaines qui ne sont plus adoptées. C’est une narration de vie avec toute la splendeur de sa diversité, sa richesse, ses joies et ses angoisses. Mon texte se réfère surtout à une mémoire qu’est l’une des fonctionnalités majeures de l’écriture. Je pense qu’il est de notre devoir de narrer notre passé commun et de laisser une trace à ce qui fut et qui n’est plus.

Comment qualifiez-vous le marché du livre au Maroc  ?
La lecture au Maroc souffre énormément. Le problème de lectorat persiste toujours et durera malheureusement pendant longtemps encore. Il y a une autre problématique qui est réelle. Celle de l’édition en plus de celle de la professionnalisation. La création également engage un handicap en matière du marché du livre au Maroc. Toutes ces problématiques-là sont dommageables.

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