Appel à la protection du SIBE de la Moulouya

A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, l’association Espace de solidarité et de coopération de l’Oriental a organisé, samedi 26 mai 2007, une journée d’étude sur le thème de la protection du SIBE (Site d’intérêt biologique et écologique) de l’embouchure de la Moulouya. Matière à débat et d’actualité dans l’Oriental car les grands projets touristiques que connaît la région sont abordés sous deux angles différents. Pour les écologistes, défenseurs du patrimoine naturel, les dangers qui guettent la faune et la flore sont d’une grande ampleur, surtout au niveau du SIBE de la Moulouya. Pour les opérateurs économiques et les responsables de développement, le plus important est de booster l’économie nationale par des projets d’envergure afin de contribuer au développement durable. Sans pour autant omettre les réceptivités écologiques.
L’embouchure de la Moulouya est la plus vaste zone humide du Maroc. C’est un milieu naturel étendu sur 4500 hectares et d’une grande importance écologique. Ce site compte 131 espèces d’oiseaux migrateurs et 636 espèces fauniques. Les 2/3 d’espèces d’oiseaux migrateurs vivant au Maroc nidifient dans cette embouchure. Cependant, le SIBE est divisé entre deux provinces: Berkane et Nador avec l’absence d’une loi sur le littoral.
En outre, les pressions touristiques sont importantes surtout en été. «L’extraction illégale des matériaux de construction, pullulation de sangliers sauvages, prélèvement direct du bois… sont des problèmes qui se posent avec acuité», a expliqué le professeur Mohammed Melhaoui de la Faculté des sciences d’Oujda.
De son côté, Mohamed Benata, ingénieur-agronome et président de l’Espace de solidarité et de coopération de l’Oriental n’a pas mâché ses mots en qualifiant le promoteur touristique à Saidia de «fossoyeur» du patrimoine naturel. La qualité du sable déplacé, la destruction des arbres forestiers, du couvert végétal et la zone des dunes bordières montrent l’ampleur des dégâts causés à cette plage. De son côté, la station d’épuration des eaux usées du complexe touristique de FADESA et de la ville de Saidia et le déversement de l’effluent vers le SIBE de l’embouchure de Moulouya présentent un risque de pollution de cette zone humide. Farid Chourak, directeur du Centre régional d’investissement, a pour sa part insisté sur le fait d’appliquer une démarche globale afin de «répondre» aux vrais soucis de la région.
«En 2001-2002, il y avait un diagnostic alarmant pour l’Oriental car tous les indicateurs de développement étaient au rouge. Et quand le gouvernement a décidé de développer l’économie nationale à travers le tourisme, il fallait saisir l’opportunité et proposer un produit attractif», a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : «La commission de suivi a interdit à FADESA de toucher au littoral sur une profondeur de 120 mètres. On l’a bloqué pendant trois mois pour la construction du premier hôtel car il voulait faire ses constructions plus bas par rapport à la mer. C’est dire qu’on est méticuleux sur tout ce qui peut porter préjudice à l’avenir et à l’environnement». À l’issue de la rencontre, un appel a été lancé aux associations écologistes et environnementales pour qu’elles s’organisent en collectif. A travers ce collectif, elles peuvent siéger au comité régional de suivi de manière permanente pour être informées sur ce tout qui se fait à Saidia.

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