Asilah : La ville des arts par excellence

La ville d’Asilah s’impose comme terre d’art contemporain. Cet art s’y est développé au fil du temps et grâce à son festival annuel culturel. Cela remonte en 1978 lorsque onze artistes peintres, qui faisaient partie de l’Association marocaine des arts plastiques (AMAP), avaient été invités à peindre des fresques murales. C’est à cette époque qu’il y a eu la création des ateliers pour enfants où plusieurs artistes peintres, originaires de la ville d’Asilah, se sont initiés aux premiers éléments de l’art contemporain. Ce qui a entraîné l’émergence d’une vague de jeunes peintres, il s’agit entre autres de Younès El Kherraz, Hakim Ghaïlane, Abdelkader Melehi, Mouad Jebari, Mohamed Anzaoui, Anass Bounani, Abderrahmane Mellouk, Souhaïl Benazouz, Narjiss Jbari.
D’ailleurs, des artistes peintres de renom qui ont participé à cette époque au moussem d’Asilah ont été fascinés par la ville d’Asilah et y ont établi leur deuxième résidence. Parmi ces artistes : Farid Belkahia, Mohamed Melihi, Saâd Lhassani et bien d’autres.
Mais dans le passé, plusieurs peintres zaïlachis ont marqué la vie artistique de la ville. Parmi ceux-ci, figurent, entre autres, les regrettés Abdelilah Bououd et Brahim Jbari, Mme Elina Atencio, la famille Mesnani au sein de laquelle la peinture se transmettait de père en fils et Mohamed Lhaloui.
La ville blanche compte maintenant une cinquantaine d’artistes peintres. Ils ont réussi à se faire une place dans le domaine de l’art contemporain. Et beaucoup d’entre eux ont choisi de s’installer à Asilah. La ville demeure, selon eux, leur lieu d’inspiration par excellence.
Par ailleurs, Asilah est devenue un espace d’exposition permanent grâce à ces artistes zaïlachis et d’autres artistes étrangers qui ont choisi de s’établir définitivement dans cette ville.  Plusieurs d’entre eux ont créé des galeries, d’ateliers et des lieux d’exposition. Comme c’est le cas pour l’artiste peintre belge, Anne- Judith Van Loock qui vit à Asilah depuis 1989. Elle a créé, en 1995, avec Ahmed Benraadiya, son mari, la galerie Aplanos. «J’ai voulu créé ainsi un lieu de rencontre et d’échange d’idées entre mes amis artistes peintres et non pas un lieu de commerce. L’ouverture de la galerie Aplanos a eu lieu avec le vernissage de l’exposition de l’artiste zaïlachi Khalil, qui est un peintre de renom international et qui ne signe pas et ne vend pas ses œuvres. J’ai travaillé par la suite avec des jeunes artistes peintres zaïlachis. La galerie Aplanos a abrité des expositions des artistes peintres de différentes nationalités», a confié l’artiste peintre Van Loock dont sa galerie abrite, actuellement et pour la première fois, ses tableaux sous le thème «Féminitude». Elle a fait remarquer que le métier du galeriste n’est pas rentable «mais je trouve un grand plaisir de participer aux activités culturelles et artistiques de cette ville». 
Le jeune artiste peintre Hakim Ghaïlan a créé «Galerie Hakim» en 2002. Ce lauréat de l’école des Beaux-arts de Tétouan s’est vu ainsi réaliser le rêve de sa vie. «Lorsque j’ai entamé cette expérience il y a eu beaucoup de fermetures de galeries dont cinq à Casablanca. Mais personnellement j’arrive à maintenir l’équilibre et financer les dépenses de la galerie grâce aux revenus de mon métier de galeriste. L’essentiel pour moi c’est d’exposer à d’artistes et surtout de promouvoir cet art dans ma ville natale», explique l’artiste peintre zaïlachi. C’est le cas aussi de la jeune artiste peintre Kawtar Echrigui qui a créé il y a trois ans son espace Librairie d’art (galerie). Elle se dit que sa petite affaire n’est pas rentable mais lui permet d’être en contact constant avec les gens de l’art. «Je travaille surtout avec les jeunes qui viennent de différentes régions du Maroc pour exposer dans ma petite galerie».
L’artiste française, Mona Liaras, vient s’ajouter à cette liste de galeristes. Elle a créé la galerie d’art Monassilah dont l’inauguration a eu lieu avec le vernissage collectif de quatre artistes peintres : Khadija Tnana, Narjiss Joubari, Regine Azema et Mona Liaras.
Notons que le Centre Hassan II des rencontres internationales et la Bibliothèque Prince Bandar Bin Sultan à Asilah abritent pendant toute l’année des exposions pour les grands noms d’art contemporain.

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