Asilah : Partenariat Afrique-Europe en débat

Organisée par la Fondation Forum d’Asilah, la cérémonie d’ouverture du prestigieux moussem de la ville a eu lieu le vendredi 3 août. Le lancement des travaux du premier colloque, programmé dans le cadre de la 22ème session de l’Université d’été Al Mouatamid Ibn Abbad,  a été marquée par la lecture du message adressé par SM le Roi Mohammed VI aux participants à cette rencontre autour de «L’Afrique et l’Europe : les défis des uns et les obligations des autres». Le Souverain a mis en exergue l’importance de ce colloque qui intervient à la veille du Sommet Europe-Afrique prévu à Lisbonne en décembre 2007.
Il a ainsi souligné que les deux continents ont en partage autant les défis que les engagements. «En tête de ces défis communs, vient le terrorisme abject, sous ses diverses manifestations agressives», indiquant que «face à ce phénomène, nous sommes, donc, appelés à œuvrer ensemble dans le cadre d’une stratégie internationale pour mettre fin à ce fléau que récusent les doctrines religieuses et que rejettent les idéaux universels». 
Le Souverain a également fait remarquer que «le continent africain est confronté à d’autres défis qui constituent un frein à son progrès et son développement. Il s’agit notamment de la pauvreté, l’analphabétisme, du chômage, des épidémies dévastatrices et de la mauvaise gouvernance», relevant «qu’il en est qui sont autrement plus dangereux, à savoir la tendance accrue à la balkanisation et au démembrement des entités nationales, l’émergence et l’appui apporté aux mouvements séparatistes et aux entités factices qui n’ont pas de place dans un monde dominé par les grands ensembles, ainsi que la focalisation des Etats sur le règlement des conflits armés au détriment des projets de développement».
Quant aux engagements incombant communément aux pays des deux continents, le Souverain a précisé qu’il y a d’abord l’exigence de respect mutuel, «ainsi que le devoir qui en découle de respecter nos spécificités, notre culture et nos valeurs respectives, en Afrique comme en Europe». Et de poursuivre que «nous avons également le devoir de récuser tout recours à la force ou à la violence et de privilégier le règlement de nos différends par les voies pacifiques, le dialogue, la négociation et la concentration, conformément aux accords et arrangements internationaux, et dans un total respect des règles et exigences de bon voisinage». 
Intervenant lors de cette cérémonie d’ouverture, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a précisé que les pays d’Afrique et d’Europe ont intérêt à œuvrer ensemble pour faire face aux différents problèmes auxquels sont confrontés les deux continents, à savoir la pauvreté. Il a appelé au renforcement des relations de partenariats entre les deux continents et non pas celles d’assistance et de dépendance de l’Afrique par rapport au vieux continent.
Il a encouragé ainsi les actions permettant notamment «l’amélioration de la productivité, de la sécurité alimentaire, des revenus et des niveaux de vie des petits agriculteurs». Même son de cloche chez l’ancien président du Parlement européen, Josep Borrel Fontelles, qui a appelé à la mise en œuvre d’un véritable partenariat dans les relations entre les deux continents pour le développement de l’Afrique. Surtout que plusieurs pays africains ont réalisé de grands progrès dans la lutte contre la problématique de la famine.

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