Assilah : La médina, un site historique exceptionnel

L’histoire et la beauté de la médina d’Asilah ne cessent de  susciter l’intérêt. Après avoir bénéficié de plusieurs opérations de réhabilitation et de restauration, cet important patrimoine culturel et historique fait actuellement l’objet d’une étude d’aménagement :  «A l’instar de beaucoup d’anciennes villes historiques, ce plan est initié par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’espace. C’est un important document qui sera mis à la disposition de l’administration pour gérer le tissu historique d’Asilah», explique l’inspecteur des monuments historiques et sites à Tanger, Taoufiq Ouzgane. 
Suite à plusieurs réunions et discussions, poursuit M. Ouzgane, du comité de suivi de cette étude à savoir l’Agence urbaine de Tanger, les représentants du bureau d’étude chargé de la réalisation cette étude, l’inspection régionale des monuments historiques et des sites de la région de Tanger, la wilaya de la région Tanger -Tétouan -préfecture Tanger Asilah- et le conseil municipal d’Asilah, ce plan devait être maintenant en affichage à la municipalité d’Asilah, faisant remarquer que «l’objet de cet affichage est de faire intervenir aussi bien les habitants de la ville que les intéressés par ce domaine à travers leurs propositions et avis pour la réalisation de ce document». Considérée comme une merveille d’architecture historique, l’ancienne ville d’Asilah a vécu sous l’occupation d’anciennes civilisations notamment phénicienne, carthaginoise, romaine et arabe. Elle fut occupée par la suite par les Portugais et les Espagnols. Elle a ainsi vécu, selon des historiens, plusieurs transformations. La médina se distingue aujourd’hui par ses sites historiques hérités d’un passé ancien. Mais malheureusement, «ce site historique et selon plusieurs études historiques a été rétréci alors que la ville était sous l’occupation portugaise. Nous découvrons dans l’avenir et grâce à des fouilles les vestiges de la partie extra-muros», souligne M. Ouzgane. Par ailleurs, la médina d’Asilah a bénéficié de plusieurs opérations de réhabilitations et restauration. Outre le ministère de la Culture et celui des Habous et des Affaires islamiques, de grandes personnalités arabes  séduites par ce haut lieu historique ont contribué à la restauration de certains de ses monuments. Et comme les principaux travaux du prestigieux moussem international d’Asilah se déroulent dans une partie de ces sites historiques, les visiteurs et touristes en profitent pour les visiter pendant la période estivale. La visite de ces beaux lieux entourés par des extraordinaires remparts portugais débute par la casbah. La beauté de cette forteresse restaurée au début des années 80 est rehaussée par sa porte, construite en 1912 pendant l’occupation espagnole d’Asilah et considérée comme la principale entrée de la médina. La casbah comporte aussi Masjid Al Aâdam (la grande mosquée) qui est la plus ancienne mosquée de la ville. Non loin de ce magnifique lieu de culte se trouve la tour Al Kamra qui se distingue par son architecture médiévale européenne. Elle fut édifiée en 1509 sous les ordres du roi du Portugal Emmanuel 1er  pour servir comme résidence à sa fille mariée au gouverneur portugais d’Asilah. «Il voulait en faire un beau et gigantesque bâtiment pour permettre à sa fille, très attachée à son pays, de voir le Portugal du côté de la tour qui donne sur la mer », assure Mostapha Zian, chercheur en histoire d’Asilah. En face de Borj Al Kamra et sur la place Sidi Abdallah Guennoun existe l’ancienne mosquée Lalla Saïda, qui a servi de dépôt d’armes et des céréales à l’époque de l’invasion portugaise. «Certains disent qu’une église occupait ces lieux pendant cette période de l’histoire de la ville. Ce sont des siècles après, que la mosquée Lalla Saïda y a été construite», raconte M. Ouzgane.  Cette mosquée est mitoyenne de la porte Bab El Bhar et en face de l’ancienne rue du commerce connue de nos jours par Al-Kharazine où la vente d’objets d’artisanat connaît maintenant une grande affluence des touristes nationaux et internationaux.
Outre les églises, zaouïas et les mosquées des quartiers qui remontent à une époque ancienne, «quelques bâtisses qui ont servi de culte pour les juifs ou certaines de leurs  utilités subsistent toujours mais sont à l’abandon», précise M. Ouzgane.

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