Béni Mellal : Dehhou : «Nous voulons faire connaître les arts de l’oralité»

Béni Mellal : Dehhou : «Nous voulons faire connaître les arts de l’oralité»

ALM : D’où provient votre intérêt pour le patrimoine matériel et immatériel ?
Lahoucine Dehhou : Le patrimoine matériel concerne les sites, les zaouïas, les places et monuments historiques, tandis que le patrimoine immatériel pourrait s’intéresser aux manifestations culturelles, traditionnelles et populaires, ainsi que les créations collectives généralement transmises verbalement ou par des gestes. Il s’agit notamment des traditions orales, des us et coutumes, des langues, de la danse, de la musique, des rituels… Notre région est réputée par son caractère rural et multiculturel. Deux communautés, l’une amazighophone et l’autre arabophone y vivent en toute symbiose. D’ailleurs, l’imaginaire de cette région se nourrit, entre autres, de ces deux cultures. C’est ce qui fait de la région de Tadla-Azilal, et par excellence, l’un des réservoirs nationaux de l’oralité, étant donné que certaines contrées nichées en pleine montagne sont encore épargnées de toute invasion technologique. Et c’est dans ce cadre que les membres de l’association réagissent.

En quoi consiste le travail de votre association ?
Le travail se fait sous forme d’ateliers. L’association en compte dix. Il s’agit, entre autres, des ateliers sur les chants et contes populaires, les coutumes et traditions amazighophones et la théâtralisation du conte. Nous portons un grand intérêt au conte en organisant également le festival du conte afin de mieux le faire connaître. Nous veillons aussi à installer les plaques signalétiques pour indiquer les lieux qui ont une incidence importante sur l’histoire de notre pays, la mémoire juive. L’association milite, dans ce cadre, pour l’élaboration d’un guide touristique de la région, l’édition d’une revue périodique sur les arts de l’oralité et enfin la création d’un musée.
Nous avons organisé de nombreuses animations et activités pour revitaliser le patrimoine de la région. Depuis sa création, et malgré le manque de moyens, Occad a pu organiser une caravane du conte au profit des patients du centre hospitalier régional. Nous avons également organisé une journée d’étude sur la bataille de Tazizaoute qui a vu la participation d’éminents chercheurs tels que Michael Peyron, Mohamed Bougrine, Bassou Hamri, Mohamed Laâroussi et Houssa Yakobi. Ocadd a organisé, en partenariat avec la faculté des Lettres et des Sciences humaines de Beni-Mellal, des ateliers d’écriture. L’équipe chargée de la réalisation de la revue sur les arts de l’oralité travaille d’arrache-pied pour éditer le premier numéro qui sera consacré à la thématique de la migration. Notre région ne dispose pas des infrastructures nécessaires comme les salles de cinéma et de spectacle. Sa situation géographique la place aussi loin des zones urbaines. Nous avons alors opté pour l’organisation d’un festival. Idée qui ne pourrait, sans aucun doute, qu’être utile et appréciée.

Pourquoi votre association milite-t-elle pour la création d’un musée de Tadla-Azilal ?
Riche par son patrimoine, la région ne dispose pas encore de musée pour l’exposition de ses richesses et surtout les faire connaître aux générations futures. C’est dans ce cadre que notre association œuvre pour la création d’un musée. C’est un pari audacieux que nous nous sommes lancé. Celui de faire connaître les arts de l’oralité, de sauvegarder le patrimoine régional et de prendre en charge tous les porteurs de la mémoire. Ce sont des projets qui s’enrichiront et prendront tout leur sens dans l’action que mènent les bureaux exécutif et administratif de l’association. Notre objectif est la sensibilisation d’un grand nombre d’acteurs associatifs, d’enseignants, étudiants et élèves pour mieux défendre et valoriser le patrimoine régional voire national et universel.

Propos recueillis par NCR à Béni Mellal Said Frix

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