Berkane : Renforcement des techniques alternatives en irrigation

Berkane : Renforcement des techniques alternatives en irrigation

Les précipitations de la première semaine d’avril ont certes sauvé une partie de la superficie semée en céréales, notamment dans la partie nord de la province, mais étaient insuffisantes à Ahfir et Reggada. Situation qui affecte sensiblement le rendement de cette année. L’ensemble des terres semées est de l’ordre de 67.627 en bour et 12. 967 ha en irrigué. Quant aux légumineuses alimentaires elles ont occupé une superficie de 1.114 ha et ont enregistré une récolte satisfaisante. La moyenne des précipitations a atteint jusqu’à la fin mars 290 millimètres à Berkane et 128 millimètres à Taourirt contre 87 et 81 millimètres pour la même période de l’année précédente. Ces dernières pluies sont bénéfiques pour les parcours, la nappe, les plantations, les céréales, la betterave à sucre et la pomme de terre. Le cumul moyen des précipitations était de l’ordre de 298 millimètres à Madagh, 269 à Boughriba, 274 à Zebra et de 293 millimètres à Garet. Au début de ce mois, les réserves en eau des barrages Mohammed V et Hassan II ont dépassé les 400 millions m3 contre 226 millions m3 pour la même période de l’année précédente. La capacité du barrage Mohammed V a perdu 58% de sa contenance avec un manque annuel de 10 à 12 millions m3. Ce qui a sensiblement affecté la réserve du barrage qui régresse aussi à cause de l’envasement. 
Des données qui montrent que la zone d’action de l’Office régional de mise en valeur agricole de la Moulouya connaît un déficit hydrique et une sécheresse chronique. Pour remédier à cette situation des mesures ont été prises pour organiser l’utilisation de l’eau et  consolider la stratégie de remise en valeur de certaines cultures. Au niveau de l’économie de l’eau, plus de 8000 hectares ont été reconvertis en irrigation localisée avec le système goutte-à-goutte. Le périmètre qui s’étend sur 65 400 ha compte déjà 13 900 hectares irrigués en aspersion alors que le reste est gravitaire.
Le goutte-à-goutte qui s’inscrit dans un vaste programme de 52 000 ha à reconvertir à l’horizon 2022, se présente comme alternative aux problèmes chroniques causés par la rareté des précipitations. En 1987, il y avait zéro hectare irrigué en goutte-à-goutte mais depuis la fin des années quatre-vingt dix la cadence s’est accentuée avec deux mille hectares reconvertis par an. A rappeler aussi les encouragements de l’Etat qui assure le financement de ces transformations à mesure de 60 % avec un assouplissement au niveau des procédures d’acquisition. Ce qui a encouragé les agriculteurs à adopter ce système. Avec à l’aval une activité plus rentable grâce notamment à un système spécifique de fertilisation. C’est uniquement la pompe qui en profite et pas les mauvaises herbes. L’irrigation localisée est aussi plus rentable en terme de quantité en affectant positivement sa qualité. La parcelle est vendue plus cher que celle qui obéit au système gravitaire. Une technique à double fins : contribuer à l’amélioration de la qualité et le rendement de la production d’un côté et assurer une importante économie en eau. Les agrumes produits par ce système, par exemple, se vendent plus cher vu leurs calibrages et teneurs alimentaires. A cette nouvelle approche de rationalisation des eaux, rappelons  le rôle de récupération des eaux de la Moulouya assuré par la station d’appoint de Moulay Ali à l’aval du barrage Mechraâ Hammadi. Elle a été mise en service en 1995 et dimensionnée pour un débit de 3,9 m3/s. Elle récupère les résurgences de l’oued Moulouya (évaluées à 70 millions m3/an) qui se déversent à la mer et les réinjecte dans le canal principal de la rive droite pour renforcer le système de mobilisation des eaux dans le périmètre.
Une station qui fonctionne à plein régime depuis que la pluie s’est faite rare. Douze autres stations de pompage relevant l’eau à des hauteurs manométriques de 15 à 95 mètres et totalisant une puissance de 25.180 Kva, sont installées dans le périmètre. Ces stations assurent l’eau à 20.986 ha. De leurs côtés, les 288 km de canaux principaux avec un débit de 14,5 m3/ seconde assurent la distribution en eau.

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