Brahim Dahbani : «Aider à la réinsertion des immigrés refoulés»

ALM : En quoi consiste le projet Albamar ?
Brahim Dahbani : Albamar veut dire Albanie et Maroc. C’est un projet qui cible les refoulés  (les migrants de retour forcé ou volontaire). Après leur retour, ces candidats se trouvent dans une situation de désespoir et d’amertume. Notre objectif, c’est de les secourir, de leur fournir un appui par le biais d’une formation professionnelle et des stages d’insertion dans le marché de travail ou par la création de leurs micro entreprises. Le nombre des candidats ciblés par notre projet est de 250 personnes dans les deux régions, Tadla-Azilal et Chaouia Ourdigha par le biais de deux bureaux créés par l’Association des familles et victimes de l’immigration clandestine, en partenariat avec l’ONG italienne Coopi «Coopération internationale» l’un à Beni Mellal et l’autre à Khouribga. Le projet est financé par l’UE et par le PNEUD (une partie du projet) dans le cadre de PASC (Programme d’appui à la société civile). Notons aussi que ces candidats peuvent bénéficier d’un microcrédit suite à une convention signée entre Coopi et la Fondation Zagora des microcrédits. Des campagnes de sensibilisations sont organisées pour mettre ces personnes en garde contre les dangers de ce genre d’immigration tragique et notre assistance leur est fournie sous forme de soutien psychologique parce que de retour à leur pays d’origine, ces refoulés perdent tout espoir.

Quelle est la situation actuelle des refoulés au Maroc ?
Le mot  «refoulé» qui tend à remplacer le terme «Harrag» dans le langage parlé, est devenu une mode de nos jours et les zones qui étaient la source de cette immigration clandestine sont devenues des zones d’accueil de ces refoulés dont le nombre augmente de jour en jour. Lorsqu’on parle de zones, il s’agit précisément du triangle Beni Mellal, Khouribga et Kalaât Sraghna, en passant évidemment par Fquih Ben Salah. Ce problème de «refoulés» ne touche pas uniquement les personnes adultes mais aussi des mineurs et même des filles. Malheureusement, les conséquences qui découlent de ce retour forcé sont très fâcheuses parce que ces mineurs deviennent vulnérables, agressifs…Parfois, ils se transforment en délinquants, en criminels…

Où en est le projet Albamar?
Le projet est d’une durée de trois ans, c’est-à-dire qu’il s’achèvera fin 2008. On a réalisé environ 80% de nos objectifs. Un grand nombre de « Refoulés » a bénéficié de stages, de formations, d’insertion dans différents métiers comme l’agriculture, l’artisanat, l’électricité, la restauration, la confection…Et on a établi des conventions avec différents partenaires selon les opportunités d’accès à l’emploi, après avoir organisé des rencontres avec ces candidats pour les orienter…

Quelles sont les contraintes au développement du projet Albamar ?
Le problème épineux de la réalisation du projet réside dans ces «refoulés» eux-mêmes. Il s’agit d’un genre d’individus qui ont perdu tout espoir dans l’avenir. Des mineurs renfermés, agressifs parfois, déboussolés…Il faut être patient pour les convaincre d’oublier leur amertume et de reprendre courage.
En plus, on a d’autres problèmes au niveau des Associations, des opérateurs de formation et de la majorité des secteurs (les établissements d’accueil) qui refusent l’insertion de ces victimes de l’immigration dans la mesure où ils les considèrent comme des individus dangereux… Nous sommes tenus d’aider, d’orienter…ces jeunes innocents déboussolés par des formations, des soutiens de toute sorte…

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