Cherche bibliothèque désespérément

La ville de Tanger souffre, depuis toujours, d’un manque d’espaces culturels et particulièrement en matière de bibliothèques publiques. Cette situation a engendré une réaction de la société civile et des intellectuels tangérois qui appellent à la création d’un réseau de ces temples du savoir et de la culture à même de suivre le rythme de développement économique et démographique de la ville.
Ainsi, ce secteur a connu dernièrement une certaine amélioration par la rénovation et l’équipement des bibliothèques de quartiers qui sont destinées essentiellement aux élèves. «Pour combler ce déficit, le ministère de tutelle entreprend depuis deux ans un projet de rénovation et d’équipement des bibliothèques des quartiers. Nous avons ainsi mis à la disposition des lecteurs , notamment les élèves des établissements scolaires des quartiers avoisinants plusieurs bibliothèques», a expliqué à ALM le délégué provincial du ministère de la Culture, Rachid Amahjour.
Il s’agit des bibliothèques de Cadi Larbi Temsamani, de Abdessamad Guennoun et de Sidi Mohamed Benajiba. Concernant l’état d’avancement des travaux de rénovation de la bibliothèque générale, M. Amahjour a indiqué que «les travaux accusent un retard à cause de quelques problèmes, mais cette institution sera bientôt fin prête et sa réouverture au public se fera au plus tard dans deux mois ». Il a révélé que la bibliothèque du quartier Béni Makada sera mise prochainement à la disposition du public et en partenariat avec l’arrondissement de Béni Makada et le Conseil de la région Tanger- Tétouan, sa délégation tentera d’équiper cette institution du savoir et de la culture.
Créée en 1985, la bibliothèque d’Abdallah Guennoun est quasiment le seul lieu de fréquentation pour les étudiants de Tanger, surtout après la fermeture de la bibliothèque générale. Cette Bibliothèque est constituée en grande partie des collections personnelles de cet éminent théologien, historien, poète et écrivain tangérois. Elle comporte notamment un nombre important d’ouvrages manuscrits et imprimés ainsi que des documents précieux. Si Abdallah Guennoun a fait don de sa bibliothèque personnelle à la ville de Tanger pour la promotion de la culture. «Cet établissement comporte des ouvrages rares parfois uniques, c’est pourquoi les étudiants et chercheurs y viennent des différentes universités marocaines. Nous recevons aussi des étudiants étrangers qui viennent s’y documenter», a précisé le conservateur de la bibliothèque Abdallah Guennoun, Abdessamad Achab.
De leurs côtés les Instituts culturels étrangers contribuent également à la promotion de la culture et l’animation de la ville. Ainsi, leurs médiathèques enregistrent un taux élevé de fréquentation grâce à la qualité de leurs services et la diversité des ouvrages et livres mis à la disposition des lecteurs. «L’objectif de nos médiathèques est d’assurer une meilleure offre de lecture grâce à un nombre important de livres et la qualité des services. Mais nous n’arrivons pas à combler notre déficit en ouvrages scientifiques.
D’ailleurs, les services culturels de l’ambassade de France à Rabat n’arrivent pas à convaincre les éditeurs français à vendre moins cher pour le lectorat marocain», a expliqué le directeur de l’Institut français du Nord, Gustave De Staël. Se basant sur les dernières statistiques enregistrées par les médiathèques de Tanger et Tétouan, M. De Staël se dit satisfait. Les deux médiathèques disposent de quelque 21430 livres et comptent quelque 35221 adhérents.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *