Conférence sur «La culture du service public»

Cette conférence, animée par Ahmed Bouaachik, professeur universitaire à la Faculté de droit de Salé, et Erich Tilkorn, directeur de l’aménagement territorial de la ville de Munster (Allemagne), a été l’occasion de retracer l’évolution de la notion du service public au Maroc et d’exposer l’expérience allemande en la matière.
A cette occasion, M. Bouaachik a souligné que la notion du service public a toujours existé au Maroc bien avant le protectorat, citant l’exemple des Msid et de la Jemâa. Après l’indépendance, l’Etat a racheté les concessions et complémenté cela par la création massive d’entreprises publiques, dont les régies d’eau et d’électricité, marquant ainsi le début de la formation du secteur public au Maroc, a-t-il dit, rappelant le processus de la marocanisation entamé en 1973 suivi de celui du désengagement progressif de l’Etat au profit du secteur privé.
Il s’agissait d’ « une privatisation en douceur sans textes et sans mesure d’accompagnement », a ajouté l’universitaire qui a passé en revue les événements ayant marqué la période allant de 1983 à 1993 avec la mise en oeuvre du Programme d’ajustement structurel (PAS) prôné par la Banque mondiale et le FMI.
Le conférencier s’est par ailleurs attardé sur le processus de privatisation lancé en 1998 au Maroc et qui en a fait une donnée structurante de l’économie. Une moyenne de 13 entreprises ont été privatisées annuellement, générant en 2006 par exemple 77 milliards DH, a-t-il rappelé, soulignant que le concept de gestion déléguée a ensuite pris place, permettant ainsi à l’Etat de se décharger des activités économiques au profit des collectivités locales. Selon l’universitaire, le Maroc a enfin opté pour le partenariat public-privé, prôné également par la Banque mondiale, faisant ainsi du Royaume le premier pays africain et arabe à initier ce type de partenariats. Il s’agit là d’un contrat global qui concerne le financement, l’exploitation, la construction, la maintenance, la gestion et la prestation des services, dans lequel le risque est partagé entre l’Etat et le secteur privé, a-t-il expliqué.
Pour sa part, M. Tilkorn, qui a rappelé que l’expérience de son pays en matière de transfert des compétences aux collectivités locales est très ancienne (180 ans), a toutefois soulevé certains problèmes dont souffrait l’administration, notamment le nombre élevé des fonctionnaires avec les répercussions que cela engendre au niveau du budget de l’Etat et le phénomène de la bureaucratie.
Cette conférence entre dans le cadre de l’élan de modernisation des structures du ministère de l’Intérieur, à travers notamment la motivation et le renforcement des capacités de gestion des ressources humaines.

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