Fès : Fondouk Nejjarine, le temple de l’art immortel

Entre le Souk Al Attarine et la place Nejjarine, ce magnifique monument de Foundouk Nejjarine édifié, selon l’historien marocain AI Naciri, sous le règne du Sultan Moulay Ismaïl en 1711. À l’origine, ce somptueux édifice a été conçu  pour servir d’entrepôt de marchandises et de négoce. Son  niveau inférieur hébergeait  les marchands itinérants qui y entreposaient et vendaient leurs marchandises. L’étage dont il dispose leur permettait de passer la nuit. Le fondouk servait aussi d’entrepôt pour les marchandises précieuses appartenant au Makhzen.
Dans les années quarante, il a été érigé en  un commissariat de police. Les fondations, plafonds, sols et murs commencèrent alors à se dégrader. Il a fallu six ans pour restaurer ce grand bâtiment. La restauration entamée en 1990 a porté  sur l’ensemble du site :  le fondouk lui-même à la place Nejjarine, la fontaine, la mosquée ainsi que les habitations situées au-dessus des boutiques de ce mail. L’enveloppe budgétaire qui a été consacrée aux travaux s’estimait à 25 millions de dirhams.
La restauration a apparemment été une véritable affaire d’art et de sciences. L’aménagement des espaces intérieurs, des  ornements et revêtements en façades, des lettres gravées sur le bois du portail et le pavage de la place, tout était à revoir. Le style hispano-musulman de l’architecture de ce site fut loyalement et méticuleusement gardé. Après sa réhabilitation, l’ancien hôtel des marchands a été adapté à sa nouvelle vocation. Il abrite désormais un Musée des arts et métiers du bois géré par la Fondation Mohammed Karim Lamrani pour l’ensemble Nejjarine.
L’ancienne bâtisse se composait de trois étages de galeries répartis sur cinquante et une pièces. L’exposition y est organisée selon un ordre à caractère thématique et successif: le bois domestique, le bois d’architecture et le bois liturgique. L’esprit sobre rustique du  rez-de-chaussée ne laisse pas le visiteur indifférent. Échantillons d’essences de bois, outils de menuiserie et d’autres métiers traditionnels, ainsi que des bois domestiques recèlent soigneusement  un savoir faire marocain hors pair.
Au premier étage, la deuxième section domestique représente un ensemble de jouets, de coffres, d’étagères, de mobilier d’enfant et de mobilier de mariée. Cet étage contient également  une collection de bois d’architecture provenant de monuments civils et religieux célèbres.
Dans ce niveau, il y a des pièces des plus anciennes du musée dont certaines remontent à la fin du 17ème siècle.  Frises, plafonds, fenêtres, cloisons, portes avec leurs accessoires embellissent magnifiquement le premier  étage. Le deuxième étage est consacré au bois liturgique islamique. Échantillons d’anciens instruments de musique, objets de méditations individuelles et de culte collectif ainsi que des armes devenues éléments de parade racontent discrètement tout un passé de savoir-faire et d’ingéniosité marocaine.
L’atmosphérique olfactive  du bois, l’architecture   hispano-musulmane, constituent de vraies invitations  au raffinement et surtout à la lecture de toute une histoire de traditions architecturales et de manières de vivre particulières à nos ancêtres marocains.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *