Fès : Le fondouk américain, un hôpital vétérinaire pas comme les autres

La riche new-yorkaise Amy Ben Bishop a vraiment bien fait de fonder, il y a 80 ans, le fondouk américain. Il s’agit d’un hôpital vétérinaire qui fournit des soins gratuits aux animaux de la région et de tout le Maroc. Cet hôpital fut conçu à l’origine pour servir de centre de soins gratuits pour les ânes et les mulets. A la mort de sa bienfaitrice, la fondation a finalement été remise entre les mains de la Société protectrice des animaux de l’Etat du Massachusetts. Depuis, le fondouk reçoit, outre les mulets, toutes sortes d’animaux notamment les canins. Doté d’un budget mensuel de 125.000 DH réservé à l’achat de médicaments, l’hôpital vit essentiellement des donations étrangères.
Denys Frappier, directeur de cet hôpital pas comme les autres, poursuit sa mission humanitaire au profit des animaux de la région depuis 1994. Neuf autres employés marocains font également partie du staff de cet établissement. Outre le médecin vétérinaire, les autres employés exercent dans diverses spécialités, notamment l’administration, le secrétariat, l’infirmerie, la maréchalerie, l’entretien, et le jardinage. Ils affichent d’ailleurs une véritable satisfaction quant à la nature de leur travail. Une vingtaine de stagiaires sont également présents. Ils sont venus d’universités américaines et européennes dont l’université de Minnesota, de Californie, de l’Indiana, de la République tchèque et de Lyon .
Et malgré certains incidents avec quelques propriétaires d’animaux qui tiennent à faire sortir leurs animaux avant même la fin de leur traitement ou qui leur font  subir des poids lourds juste après qu’ils aient reçu les premiers soins, les conditions de travail restent agréables. La relation du patron des lieux avec les clients est très bonne. Le flux des visiteurs quotidiens vers le fondouk sont un bon indicateur de cette sympathie réciproque. Chaque matin, des dizaines de personnes convergent vers le fondouk pour faire soigner leurs bêtes. Près de 20.000 consultations sont effectuées chaque année, soit 86 patients par jour. Grâce à deux ambulances, le personnel de l’hôpital se déplace dans des souks, des écuries, ou même chez des particuliers.
Malgré tous ces efforts, cet hôpital n’a pu obtenir le statut d’utilité publique que récemment. «Nous n’avions pas le statut d’utilité publique et ça nous causait plusieurs problèmes. Depuis 2001, l’hôpital n’avait plus le doit de faire entrer le matériel ou les médicaments nécessaires depuis l’étranger, et cela tant que le caractère d’utilité publique ne lui est pas reconnu», confie le directeur de l’hôpital. En 2004, et à cause de la lourdeur administrative, l’unique hôpital vétérinaire de Fès a dû fermer ses portes. Une fermeture qui allait être définitive. Heureusement, le fondouk américain, soutenu par les habitants et surtout par l’ambassade américaine, a pu décrocher la reconnaissance en tant que fondation d’utilité publique. «Ce fut un jour inoubliable. Enfin, nous pouvions exister légalement», se rappelle Denys Frappier.

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