Grace : «Les paysages du maroc m’ont marqué»

Grace : «Les paysages du maroc m’ont marqué»

ALM : Votre premier contact avec la marqueterie ?
Philip Grace : J’ai reçu  comme cadeau de Noël un kit d’initiation à la marqueterie. J’avais 14 ans. J’ai eu un deuxième kit et ensuite le jeu m’a plu et j’en ai fait ma passion en plus de la photographie. J’observais toujours ce que font les artistes dans ce domaine et, un jour, j’ai décidé de produire moi-même mes propres créations.

Pouvez-vous nous rapprocher un peu de votre technique et nous la présenter ?
Tout d’abord on procède en collant sur un support des éléments décoratifs découpés dans du bois. Le bois doit être généralement de faible épaisseur parfois moins d’un millimètre. Ils s’imbriquent les uns dans les autres, à la manière d’un puzzle, ce qui donne un motif préétabli. Les couleurs et les tons du bois jouent le plus grand rôle dans ce processus. J’avoue que je continue à travailler sur cette matière noble surtout parce qu’elle représente un retour aux sources, à la nature. Avec le bois, je n’ai pas besoin de trop de détail. Je préfère laisser parler la matière. Le travail sur bois est une sorte d’interactivité.
 
Dans quelle mesure l’enseignement et le marqueterie sont-ils complémentaires dans votre vie ?
Je dirais que je conçois séparément les deux. En fait, c’est un plaisir pour moi de faire ce travail. J’ai un immense besoin de créer et la marqueterie me le permet. Je ne sens pas vraiment une pression du temps.

Pensez-vous que votre travail soit d’un accès facile ?
Au début, je n’imaginais pas que mon travail vise un certain public. Je suis convaincu et confiant dans ce que je fais .Je dirais plutôt que je l’espère, même si je rencontre et croise régulièrement des gens qui me félicitent et admirent ce que je fais.

Vous ne visez pas alors un public bien précis et vous ne connaissez pas votre destination définitive ?
En fait, je compose mes tableaux en ayant déjà une conception préalable. C’est nécessaire dans la marqueterie, ce n’est pas comme dans la peinture. Bien sûr, la médina, le sud marocain et beaucoup d’autres aspects de la vie marocaine  m’ont beaucoup marqué.
En plus, les tons et les couleurs de ces paysages et même des personnes au Maroc, dégagent une vivacité troublante. Et ça se reflète d’une façon remarquable sur le bois. Un tableau pour moi, doit dégager une sensation de détente et de calme.

La marqueterie, c’est une  quête d’identité pour vous ?
En fait, quand je passe de la phase du collage et d’assemblage à la phase du vernissage, les couleurs ressortent. C’est là que le tableau. Là je sens une véritable satisfaction, un sentiment intense de contentement.

Dans votre travail quotidien, pensez vous aux problèmes acutels ?
Je dirais que je ne pense pas directement aux problèmes. Je vais vous donner un exemple. Je suis chrétien et l’un de mes tableaux, celui du berger, me rappelle constamment que c’est Dieu qui protège et qui prévoit les choses. J’estime alors qu’il faut plutôt penser à la solution  et ne pas refléter directement les conflits sur les toiles ou les créations. Pour le moment, je ne défends pas une cause précise,  mais avec le temps peut-être et en recherchant de nouveaux thèmes, je pourrais m’engager sans le faire exprès.

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