Hommage poétique à Al Mouatamid

Depuis lundi dernier et durant cinq jours, la ville de Marrakech est bercée par la magie du verbe et des mots rythmés de son Printemps de la poésie dont le riche programme comporte plusieurs ateliers d’écriture, de théâtre et de danse ainsi que des expositions d’arts plastiques et une projection de films.
Le point d’orgue de cette manifestation est la soirée poétique dans l’enceinte de Riad « Dar Cherifa » en hommage au Prince-poète Al Mouatamid Ibn Abbad, grand poète andalous et dernier Prince de la dynastie des Abbassides du Royaume de Séville. Une traduction, inédite, en français de ses poèmes sera présentée aux participants qui peuvent ainsi apprécier la maestria de ce grand poète qui jonglait avec la langue arabe et qui repose à Ghmat dans la région de Marrakech où il fut exilé.
Les différentes activités de ce rendez-vous annuel se dérouleront dans plusieurs espaces de la ville, notamment à la mythique place de «Jamaa El Fna» qui renouera ainsi avec sa vocation de grand forum de l’oralité, les jardins de la Ménara et dans plusieurs riads de la médina. Les établissements scolaires (de la maternelle au collège) de la ville profiteront également du programme varié du Printemps de la poésie. Chaque jour, durant cette semaine et à la même heure, deux comédiens, (un arabophone et un francophone) feront irruption dans des classes pour déclamer un poème. Ce poème du jour, écrit à la main, sera ensuite laissé dans la classe visitée. Le dernier jour de ce « Printemps », les comédiens passeront dans les différents établissements scolaires visités pour répondre aux questions des élèves qui ont également l’occasion de participer à cette manifestation culturelle à travers des ateliers d’écriture.
Cet événement culturel sera marqué par l’exposition-rencontre, du peintre français Etienne Yver et  du poète marocain Yassine Adnane. Selon les organisateurs, le peintre français s’inspirera des poèmes du jeune poète marrakchi pour réaliser des tableaux.
« J’ai proposé à Yassin Adnan une conversation artistique dans une modalité que je crois inédite. Ce serait chacun dans sa langue propre : les mots pour lui, la peinture pour moi. Je désirais une collaboration
active, en direct, dans un esprit partagé de création», affirme l’artiste français Etienne Yver. Le même enthousiasme est partagé par le jeune poète marrakchi.  «Dès le début, dit-il, nous avons décidé de travailler autour du thème du voyage (transit, aéroports et correspondances), mais ce que nous avons découvert est une autre aventure qui nous attendait ici à Marrakech: un voyage dans la toile, dans le poème et qui nous emmène à l’humain».

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