Imilchil : Célébration de l’art et de la tradition du mariage

Promouvoir le tourisme de montagne et contribuer au développement économique des localités enclavées d’Imilchil tout en préservant l’authenticité et les valeurs humaines, sociales et culturelles de la population de la région est un défi de taille que tente de relever le Centre Tarek Ibn Zyad à travers l’organisation du Festival de musique des cimes, qui en est cette année à sa sixième édition. Imilchil, point de rencontre entre l’Est et l’Ouest du Haut Atlas, est une mémoire collective, qui conserve sa propre spécificité en dépit de certaines influences étrangères et de certaines tentations de modernisme. Cette localité, aussi enclavée que célébrissime, insiste à préserver son authenticité et son originalité par son attachement indéfectible aux origines et aux sources. Elle ambitionne aussi, grâce à la mobilisation des associations locales et du Centre Tarik Ibn Zyad, de réaliser l’essor escompté. Il faut dire que d’édition en édition, le festival de musique des cimes réussit, lentement mais sûrement, à donner à cette rencontre qui célèbre l’art et la tradition dans toute leur authenticité, une dimension internationale comme en atteste la participation de troupes folkloriques et musicales de pays européens. Se déplacer à Imilchil, célèbre par son moussem annuel des fiançailles, est un voyage dans le temps, il est aussi un voyage vers l’originalité et l’authenticité. Côté animation, au programme cette année du festival figurent des pirouettes de danses d’Ahidous des Aït Hddou, Ait Atta et Aït Merghad, ainsi que la Taqtouqa jabaliya qui feront vibrer, trois soirées durant, les autochtones de la région et les nombreux visiteurs venus pour l’occasion apprécier, à leur juste valeur, les traditions ancestrales orales de la région. La participation étrangère à cette rencontre culturelle est assurée cette année par les troupes Haribi du Japon, Jazz Mood d’Italie, Serencza de Pologne et Warana du Pérou. Cette grande rencontre artistique mais aussi socioculturelle s’est ouverte, mercredi, par la cérémonie traditionnelle des fiançailles au souk juxtaposant le mausolée de Sidi H’mad Oulmaghani, en présence du gouverneur de la province d’Errachidia,  Abdellah Amimi, et des représentants des autorités civiles et militaires. Une vingtaine de couples ont conclu l’acte de mariage dans la pure tradition et ont eu droit chacun à une aide financière. Après une année de labour et après les moissons et les cueillettes, la commémoration du Moussem du saint marabout Sidi Hmad Oulmghani couronne une période dont elle annonce l’achèvement et ouvre l’horizon d’un nouveau cycle que chacun souhaite meilleur que les précédents. On raconte que ce saint avait le don d’enrichir les pasteurs, qui venaient s’imprégner de sa baraka et de son savoir religieux, en éloignant la douve et la teigne qui frappaient leurs troupeaux. Il serait un protecteur de bétail et donc le saint patron des bergers dans un espace où le pastoralisme continue de battre son plein depuis des siècles. Pour la tribu des Aït Hdiddou, le Moussem d’Imilchil n’est pas un simple événement c’est un rassemblement à triple vocation: commerciale, sociale et religieuse. Véritable foire annuelle, il attire toutes les tribus de la région qui s’y rencontrent, s’y approvisionnent en blé, en orge, y vendent bétail et autres fruits de leur labeur. Le festival offre donc une occasion idéale pour le commerce, les divertissements et les mariages. Au troisième jour du festival, tous les mariés doivent aller aux lacs d’Isli et de Tislit pour une visite traditionnelle. La légende dit qu’un jeune homme s’est marié avec une jeune fille dont les parents étaient opposés à leur union. Les jeunes mariés se sont enfuis et ont pleuré toute la nuit. Leurs larmes ont créé les deux lacs, Isli et Tislit (noms du fiancé et de la fiancée). Le Moussem des fiançailles d’Imilchil célèbre donc l’histoire de cet amour tragique comme pour rendre hommage à ces amants extraordinaires.

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