Kamal Kadimi : «J’aime jouer des rôles où le personnage est complexe»


ALM : Quel est l’objectif de votre visite à Beni Mellal ?
Kamal Kadimi : J’étais l’ invité d’honneur au 2ème Festival national du rire qui a été organisé les 4 et 5 décembre à Beni Mellal. Cette ville a grand besoin de ce genre de manifestations encourageant les jeunes comédiens à aller de l’avant. De surcroît, j’ai passé des moments inoubliables dans cette région qui me subjugue et où j’ai un grand nombre d’amis. Bref, une relation d’amitié et de fraternité me lie à la ville de Beni Mellal.

Pourriez-vous nous parler de votre rôle dans la série «Hdidane»?
J’aime jouer des rôles où le personnage est complexe. Je n’interprète pas un personnage unique. Je préfère toujours jouer des rôles sérieux et éreintants. Hdidane est le fruit d’une réflexion et d’un travail acharné avec Fatima Boubekdy. J’ai, entre autres, joué des rôles dans «Rommana wa Bartal», «Al Ain El Matfia» avec Chafik Shimi. Mais ma relation avec le personnage de Hdidane s’enracine dans la nuit des temps. Quand j’étais enfant, j’avais quelques caractères mouvementés comme ceux de Hdidane. Pour le commun des mortels, ce dernier est un personnage mythique. Alors que c’est un personnage réel et gentil qui recourt à son intelligence pour atteindre ses fins. Ce n’est pas comme le personnage de «Jouha» qui est volatil et très rusé. Ainsi, la première chose qui a hanté mon esprit, c’était d’arriver à bien jouer le rôle de Hdidane pour satisfaire le désir artistique et inextinguible de mon cher public. Concernant, le côté psychologique, j’assure avoir vécu une période semblable à celle de Hdidane. Et lorsqu’on pense à ce genre de personnage historique et mythique, on peut l’imaginer et l’incarner de différentes manières. Les sociétés ne créent pas des personnages du néant. Actuellement, on a des genres différents de Hdidane.

Selon vous, qu’est-ce qu’une vraie comédie ?
Au Maroc, la comédie traverse encore des périodes critiques. On n’est pas encore capable de donner une vraie image comique de notre société qui regorge de disparités et de contradictions de tout genre et qui sont les bases de toute pièce comique. Un vrai comédien doit être d’abord un acteur. En plus, il faut qu’il ait fait des études supérieures sur le théâtre. Et l’art n’a pas de frontières. D’autant plus qu’il faut embrasser tous les genres de comédie. La vraie comédie c’est celle des situations. Car les torsions du corps, les gestes et la voix n’ont jamais donné le vrai comique. Lorsqu’on voit un chien mordre une personne, on en souffre. Mais quand c’est l’homme qui mord un chien, on rit et on souffre en même temps. Et c’est là où réside cet écart générateur du comique.

Qu’en est-il du cinéma marocain ?
Nos acteurs, dans le domaine du cinéma, ne travaillent pas en concertation. Il faut que notre septième art soit bien orienté et organisé. On ne se soucie guère de donner naissance à un cinéma qui a ses propres caractéristiques marocaines. On n’a pas encore de cinéma marocain. On n’a que des films marocains. Cependant, il ne faut pas nier qu’au Maroc, on a des productions cinématographiques dignes de ce nom. Ceci étant, le CCM est tenu d’orienter notre grand écran. Car le public ne tolère plus d’assister à des films qui ne sont pas à la hauteur de ses aspirations.

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