La culture urbaine s’invite à Bab Makina

La culture urbaine s’invite à Bab Makina

Après avoir abrité des années durant l’un des plus célèbres festivals du Maroc, celui des musiques sacrées, Bab Makina verra aussi la naissance d’un nouveau produit artistique inédit : «Rap medinfès». Cet événement, organisé par l’institut français de Fès, présentera trois jeunes groupes fassis de rap, à savoir Shabka, Hal Lemkan et Chouf Tchouf. Ces jeunes talents se produiront ainsi du vendredi 19 au dimanche 21 octobre, sur la scène majestueuse de Bab Makina. Ils veilleront à offrir leurs meilleures prestations artistiques à leur fidèle public fassi.
«Rap Medinfès» qui est à sa première édition, sera une occasion pour les mélomanes du rap d’apprécier leurs groupes préférés tout en admirant la splendeur de l’architecture mauresque du site centenaire, et en se régalant de la couleur ocre du portail et du coucher du soleil (les concerts auront lieu à partir de 19h) sous les rythmes mouvementés de rap fassi ainsi que des séquences de Breakdance assurées par des groupes locaux.
Une idée originale certes, mais qui n’est pas née du hasard. En créant ce festival, les organisateurs ont sûrement été désireux de mettre l’accent sur la diversité culturelle qui distingue la ville. «Au début, nous avons voulu que ce soit « Rap Made in Fès», mais avec le choix de ce haut lieu symbolique chargé d’histoire, on a opté pour le thème «Rap medinfès» pour faire référence à la médina et surtout pour mettre l’accent sur la liaison ou l’interconnexion entre la tradition et l’histoire évoquée par le portail monumental Bab Makina et la fraîcheur et la modernité de ce genre musical», nous explique Ibrahim Zarkani, chargé de l’action culturelle à l’ambassade de France et membre organisateur du festival.
«Bab Makina, qui est le lieu par excellence du festival des musiques sacrées, deviendra un lieu qui appartient aussi à la musique urbaine. Un clin d’oeil pour dire que Fès compte parmi sa population des jeunes qui veulent s’exprimer ouvertement sur la culture urbaine», ajoute-t- il. La manifestation serait sûrement une sublimation des sens pour les mélomanes mais aussi un aiguisement de l’imagination et de l’inspiration pour les jeunes rappeurs de Bab Makina ou Place Moulay El Hassan, l’une des huit grandes portes de la ville, est située entre Fès El Bali (l’ancienne médina) et Fès Jdid (ville nouvelle). Un emplacement stratégique qui lui a valu l’accueil de plusieurs manifestations culturelles de renommée mondiale.
Pour rappel, Bab Makina a été bâtie en 1886 sous le règne de Moulay Hassan. Elle deviendra l’accès principal au Palais royal. Elle donne accès à deux places appelées «Mechouar» où se déroulaient jadis les cérémonies makhzaniennes officielles. Récemment, une équipe de l’université Harvard des Etats-Unis, constituée d’enseignants, d’étudiants et d’architectes, est venue réaliser un réaménagement adéquat pour la place de Bab Makina en partenariat avec la Fondation Esprit de Fès. Les travaux ont duré environ 75 jours depuis le 15 mars dernier juste avant le commencement du Festival des musiques sacrées. L’objectif d’un tel réaménagement, selon Aziza Chaouni, architecte et enseignante à l’université de Harvard, est de reconfigurer la place Bab Makina pour accueillir, outre le festival, d’autres manifestations culturelles d’envergure.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *