La douleur infinie de la famille Moukaddem

La douleur infinie de la famille Moukaddem

Les dépouilles de Yasmina (14 ans), Nora (12 ans), Myriam (10 ans), Mina (8 ans) et Mehdi (3ans) qui ont été froidement égorgés par leur mère à Nivelles (centre Belgique) ont été rapatriées dans la nuit de mardi 6 à mercredi 7 mars à Agadir, ville natale de leur père, Bouchaib Moukaddem, résidant en Belgique depuis 27 ans où il travaille dans le secteur de la santé.
Les cinq enfants tués par leur maman, Geneviève Lhermitte qui était enseignante dans une école secondaire, ont été inhumés, mercredi après-midi, au cimetière du quartier Ben Sargaou à Agadir après une cérémonie religieuse organisée dans la mosquée Mohammed V au centre-ville. Ce quintuple infanticide a mis en émoi toute la ville d’Agadir  dont les populations, à l’instar de celles de Nivelles, ne comprennent pas encore le sens de l’acte de cette enseignante qui, selon son mari, Bouchaib Moukaddem, a décidé de quitter  son travail pour s’occuper de ses enfants  notamment après un incident dramatique qui s’est produit dans les années 90 dans l’établissement  scolaire où elle exerçait. Un étudiant avait poignardé son camarade d’école. Elle a été traumatisée et suivait depuis lors un traitement chez un psychologue.
Au moment de l’enterrement, le père qui contenait stoïquement sa douleur, laisse éclater toute sa détresse. Les jambes flageolantes et soutenu par des membres de la famille, il répète comme une litanie, les prénoms de ses enfants. «Médusé, choqué aucun qualificatif ne peut décrire cet horrible drame qui vient de frapper cette famille, mais aussi toute la population d’Agadir», déclare un ami de Bouchaib Moukaddem. Les amis, les proches et les voisins de cette famille éplorée n’en reviennent pas. «Jamais j’aurai cru que ce drame pouvait se produire. Il m’est difficile de croire que cela s’est réellement produit», déclare une proche de la famille  tout en poursuivant : «je suis la voisine de la mère de Bouchaib et je connaissais cette adorable famille qui venait pendant les grandes les vacances. C’est incroyable». Une autre voisine qui pleurait en silence, resserre le foulard sur la tête et lance comme pour elle-même : «aucune mère ne peut commettre un tel acte quelle qu’en soit la raison». Elle se tait un moment, juste le temps d’essuyer des larmes qui coulaient sur ses joues flétries par l’érosion de l’âge, et se lance dans un monologue: «ce n’est pas possible, c’est inimaginable, j’adorais ces enfants, ils jouaient souvent avec les gosses du quartier, ils venaient tout le temps me saluer et m’embrasser. Ils ne m’embrasseront plus. Ils ne me diront plus bonjour. Ils n’ont rien fait pour mériter cette fin et être immolés comme des moutons».
Le père, meurtri, n’arrive pas encore à réaliser ce qu’il lui arrive. Complètement sonné, il ne comprend pas encore cette cruauté du destin. «Nous n’avons aucun problème, on menait la vie d’une famille unie et heureuse et Geneviève se dévouait pour son foyer et ses enfants qu’elle adorait», explique-t-il tout en rappelant que son épouse «est une bonne mère». «Je ne lui reproche rien du tout, ajoute-t-il, mais j’ignore les raisons de son geste. Je viens de perdre mes cinq enfants et ma femme». Le jour du drame, ce fatidique mercredi 28 février 2007 à 13h00, Geneviève Lhermitte poste une lettre rédigée à l’intention d’une amie qui habite près de chez elle et dans laquelle elle parle de «son désarroi». Avant de regagner son domicile, elle achète un coutelas dont la lame mesurait plus de 20 centimètres et, une fois chez elle, elle appelle, un par un, ses enfants qui regardaient la télévision et qui ne se doutaient de rien. Elle commence par égorger le benjamin, Mehdi. Une fois son forfait accompli, elle tente de mettre fin à ses jours. Le jour du drame, Bouchaib Moukaddem revenait du Maroc où il est parti fin janvier accompagner sa mère qui avait passé les fêtes avec ses petits enfants en Belgique.

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