La grogne des chauffeurs de taxis

La grogne des chauffeurs de taxis

Dimanche 14 mars , la ville de Tanger a perdu beaucoup de son activité habituelle. Les chauffeurs des petits et grands taxis se sont retirés de la circulation et se sont mis en grève pour protester contre le nouveau projet du code de la circulation. Beaucoup de citoyens sont arrivés en retard à leurs lieux de travail et d’autres sont restés carrément chez eux , faute de moyens de transport. Pour Abdeslam Chaâbaoui, membre du bureau exécutif de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et responsable syndicaliste au niveau de la wilaya de Tanger, cette grève avait pour objectif d’attirer l’attention des citoyens et de «défendre leurs intérêts, étant indirectement concernés». Il a fait remarquer que «la responsabilité incombe aux responsables du département du Transport».
M. Chaâbaoui indique que la grève concerne les chauffeurs du secteur du transport en général. «Le nouveau projet du code de la circulation, poursuit-il, constitue une sanction pour les chauffeurs de taxis et non pas une règle à respecter pour mieux se comporter sur la route».
Solidaires et déterminés, les chauffeurs des grands taxis se disaient prêts pour faire entendre leurs voix aux responsables locaux. «Nous militons pour sauvegarder en premier lieu notre dignité. Aucun chauffeur de taxi ne peut payer une amende qui dépasse les 3000 dirhams. Donc, nous sommes tous menacés de prison», s’indigne Ibrahim El Hayat, secrétaire général de l’UGTM- section locale des professionnels des taxis (propriétaires des agréments, propriétaires et chauffeurs de taxis).
La plupart des chauffeurs des grands taxis affirment ne pas gagner plus de 100 dirhams par jour. «Nous profitons tous de la solidarité familiale pour arrondir nos fins de mois. N’eut été cette solidarité familiale, une grande majorité de ces chauffeurs allaient se retrouver sur la paille», confie Abdeslam Bousaïd, 72 ans, chauffeur de taxi et père de 11 enfants dont l’aîné âgé de 35 ans travaille, lui aussi, comme chauffeur de taxi.
Les chauffeurs des petits taxis partagent les mêmes peines et “pataugent“ aussi dans la même précarité. «Nous gagnons en moyenne 100 dirhams par jour.  On ne bénéficie d’aucune couverture sociale et, pire encore, nous sommes menacés quotidiennement de vols et d’agressions», déplore Rédouane Laâsri, jeune chauffeur de 33 ans marié et père d’une petite fille.
Contrairement aux autres chauffeurs des petits taxis, Saïd est contre cette grève. «Personnellement, j’ignore les causes qui sont à l’origine de cette grève. Les responsables auraient pu prendre assez de temps pour l’élaboration de ces lois.», déclare-t-il.
En général, la grève des chauffeurs du secteur du transport a mis les commerçants de la ville dans une situation embarrassante et parfois difficile. «J’ai de la marchandise et je ne trouve personne pour la transporter», déplore un  menuisier de la place. Le président de l’Association des transporteurs routiers du Nord, Ahmed Aberchan, s’est dit très affecté par ce débrayage. «Nous sommes très touchés par cette grève. Nous représentons 70% du trafic international, avec une rotation de 350 camions par jour. A cause de cette grève, seuls 70 de nos véhicules ont pu prendre la route», affirme-t-il tout en appelant les responsables du département du Transport à dialoguer avec les grévistes et de «revoir les dispositions relatives au code la circulation qui sont la cause de cette grève».

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