La quaraouyine se refait une beauté

La quaraouyine se refait une beauté

Le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, s’est enquis, vendredi 9 mars, des travaux de la restauration de la mosquée Quaraouiyine au sujet de laquelle SM le Roi Mohammed VI a donné récemment ses hautes instructions pour qu’elle soit restaurée et pour qu’une attention particulière soit accordée à son minbar séculaire.
Dans son discours, le ministre a souligné qu’il«était temps pour le génie marocain de faire appel à son savoir et ses compétences pour  sauver et restaurer ce monument historique qui  fait la fierté de Fès et du monde islamique».
A cette occasion, M. Toufiq, accompagné notamment du wali de la région Fès-Boulemane, Mohamed Rherrabi, a également suivi des explications sur l’état d’avancement des travaux concernant en particulier les pavillons, les coupoles de la nef centrale, minbar Al-Atiq, Mihrab Assaifi, les lustres et les fontaines ainsi que le drainage périphérique du Sahn.
Des explications ont été également fournies au ministre sur la structure en maçonnerie qui consiste en le décapage de la chape et le revêtement du sol de la salle de prières, la réfection des arcades fissurées de cette salle ainsi que la reprise de la maçonnerie dégradée et l’application du mortier de chaux sur les soubassements des piliers.
Quant aux travaux achevés, ils concernent notamment le décapage et le nettoyage de dix portes extérieures et des «derbouzes» en «moucharabieh» ainsi que les coupoles des deux pavillons.
Les travaux en cours concernent le Mihrab assaïfi, les pièces manquantes du pavillon saâdien et le bois sculpté ainsi que le nettoyage de Bab Achamaïne et Bab El Ward.
Des explications techniques sur les méthodes de restauration du minbar ont également été données au ministre. Celles-ci concernent en particulier le nettoyage du minbar, la confection de ses pièces manquantes, le confortement et la consolidation de sa structure porteuse et l’amélioration de son système de déplacement et d’aération.
La visite de M. Toufiq a été aussi une occasion pour dévoiler une importante découverte archéologique au sein de la salle de prière de la mosquée. En effet, lors des travaux de remise en l’état du sol de cette salle, des structures maçonnées sont apparues enfouies sous le sol.
Une fouille archéologique a été entreprise ainsi sur une superficie d’environ 172 m2. Les structures dégagées révèlent des murs et une impasse qui appartiennent, selon les archéologues, à quatre phases toutes antérieures à l’époque de l’agrandissement de la mosquée durant l’ère des Almoravides (529 Hégire/1134 après J-C).
«La mosquée a connu plusieurs extensions, sous le règne du prince Moulay Daoud Ibn Idris, la seconde vers 345 H avec les Zénètes, la troisième fut procédée  en 529 H», a précisé à ALM un professeur en archéologie. Pour sa part, le ministre des Habous et des Affaires islamiques a précisé que des spécimens de décor peints sur plâtre qui recouvraient certains murs des maisons et qui ont été découverts, constituent des exemplaires au tracé et aux motifs inconnus à ce jour. Ces découvertes, a poursuivi Ahmed Toufiq ont été transférés à un laboratoire spécialisé dans les études archéologiques à Rabat ; en l’occurrence l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) et qu’elles seront exposées au grand public.
La restauration de la Qaraouyine, qui a été confiée exclusivement à des ingénieurs marocains, a débuté en septembre 2006. Elle a été suivie de travaux de  sonorisation et d’électricité entamés en mars 20007. L’enveloppe budgétaire initiale consentie à ces travaux de restauration, a rappelé le ministre «était de 18 millions de dirhams». Elle s’est finalement élevée  à 27 millions de dirhams et pourrait s’élever, à l’avenir », a-t-il ajouté.
La Quaraouiyine, le plus ancien centre d’enseignement du monde, avant Oxford et la Sorbonne, a une capacité d’accueil de 10.000 fidèles. Elle compte seize portes et s’étend sur une superficie de 7200 m2.
Elle comprend également 16 nefs ornées chacune de 21 arcs qui partagent les espaces et un oratoire zénète au style hispano-mauresque.
 Sa grande cour (Sahn), dallée de marbre et de zellige, date de l’époque almoravide (11ème et 12ème siècle).
 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *