Laâyoune : La femme sahraouie veut consolider son émancipation

Une quarantaine de militantes de la société civile du sud marocain ont animé, la semaine dernière, un atelier pour débattre des mécanismes et outils pouvant renforcer le rôle de la femme sahraouie dans la vie politique. Cette rencontre 100% féminine s’inscrit dans le cadre du «Dialogue de la jeunesse pour le Maroc possible ». Elle a été initiée par l’association Perle du Sahara qui s’est fait connaître par ses militantes engagées à assurer plus de participation féminine dans la vie politique dans cette région. Le débat portait sur cette volonté et surtout sur les moyens et les entraves dont souffrent les femmes dans la gestion de leur quotidien.
Lors de cet atelier, les participantes ont constaté une certaine évolution au niveau de la participation féminine dans cette région célèbre par la domination de certaines coutumes qui limitaient par le passé l’implication de la femme dans la gestion de la chose politique. Aujourd’hui, avec les changements que connaît cette société, les femmes intègrent de plus en plus la vie politique. Intervenant à cette occasion, Kamal Kamaltou, une spécialiste du domaine politique et membre du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas), a insisté sur la nécessité de combattre les mentalités masculines voulant que les femmes gardent un rôle traditionnel de mère de famille sans se préoccuper de la chose politique, ainsi que des considérations d’ordre tribal limitant la liberté de la femme. Et d’ajouter que les femmes, qui constituent la moitié de la société, sont très peu représentées dans les différents conseils.
Mme Kamaltou a indiqué qu’une minorité de femmes est représentée à la première chambre du Parlement, alors qu’elles sont totalement absentes de la deuxième Chambre. 14 femmes sahraouies siègent au Corcas, deux autres sont au sein du conseil municipal de Laâyoune et une seulement dans les différentes Chambres professionnelles. Les femmes sont totalement absentes dans les communes rurales.
D’autres intervenantes ont unanimement souligné que cette situation est essentiellement liée à la faiblesse de l’encadrement au sein des partis politiques et à l’absence d’une stratégie claire pour promouvoir la participation de la femme dans le secteur politique. En preuve : deux femmes sahraouies uniquement sont membres des bureaux politiques des partis marocains.
D’où le recours des femmes au travail associatif. Aujourd’hui, plus de 37 associations de la ville de Laâyoune sont présidées par des femmes et représentent (localement) des organismes reconnus à l’instar de l’Union des femmes du Maroc.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *